Des tablettes pour les députés ? Une Assemblée Nationale et digitale !

Ils sont devenus fous, ma parole! En lisant Univers Freebox, je viens de tomber sur cette actualité incroyable: nos députés passent au numérique! Pire que cela, ils vont tous recevoir une tablette tactile, à choisir entre deux modèles: l’iPad mini 4 d’Apple et la Galaxy Tab S2 de Samsung (voici d’ailleurs une vidéo pour les aider à faire leur choix). Et tout cela, dans le but de faire des économies! Ils sont tombés sur la tête ou quoi?
Quelle tablette choisirons les élus de gauche?
Entre les deux, mon coeur balance, iPad, ou Android !

L’article d’Univers Freebox, citant NextInpact, explique que grâce à cet investissement de l’ordre de 200 000 euros (soit environ 346 euros pour chacun des 577 députés que compte l’Assemblée Nationale), le parlement économisera de l’ordre de 52 000 ramettes de papier par an, soit 26 millions de feuilles de papier. Un texte comptant une centaine d’amendements requiert, selon ces mêmes articles, entre 8000 et 1000 feuilles de papier.

Pour ma part, je trouve cette dépense totalement inutile. Car une fois encore, o devrait s’intéresser non pas au dispositif numérique – la tablette – mais à ce qu’on en fait vraiment.Or que va faire un député d’un texte de loi? Il va le lire, certes,
mais il va aussi l’annoter, le partager avec ses assistants, en photocopier certaines parties, bref, il va faire vivre le texte. Comment nos députés procèderont-ils avec un texte sur tablette? Avec quel stylo? Et s’il passe sa tablette à un assistant, comment pourra-t-il travailler sur d’autres textes? C’est au processus d’annotation et d’échange qu’il faut consacrer un investissement, et non à la tablette elle-même.


Attention aux amendements pirates !

Sans parler de la mise à jour de ces tablettes. Qui s’en occupera? Les élus? Le DSI de l’Assemblée Nationale? Et la tablette, deviendra-t-elle automatiquement la propriété de l’élu, ou sera-t-elle rendue en fin de mandat? Il est vrai qu’au bout de cinq ans, son modèle sera probablement un peu dépassé… Tel que, le dispositif mis en place par l’Assemblée Nationale déborde de bonne volonté, mais me semble bien inutile.

Car, convenons-en, en 2017, prétendre se faire élire député et ne pas disposer de sa propre tablette numérique, cela relève du non sens. De tout temps, on a imposé aux candidats de respecter certaines contraintes, l’âge et la nationalité étant les plus simples. Pourquoi ne pas ajouter le fait de disposer d’un outil de communication moderne? Les 200 000 euros économisés auraient alors pu être consacrés à l’acquisition d’un logiciel de diffusion et d’annotation digne de ce nom.

Digitalisez, certes. Mais ne faites pas n’importe quoi.


Crédits: Assemblée Nationale

Herve Kabla
Herve Kabla

Hervé Kabla, ex-DS, ancien CTO de start-up, ancien patron d'agence de comm', consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.

Crédits photo : Yann Gourvennec

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5 commentaires

  1. Pas sûr. Cela n’élimine pas le coût de l’impression, mais le déplace vers les députés. Les députés de la majorité n’auront pas besoin d’imprimer : ils seront d’accord avec le texte. En revanche, l’opposition va devoir sortir du papier. Elle va devoir éponger une partie des vingt millions… Et acheter des imprimantes.
    Il est aussi possible que l’on cherche à créer le phénomène de dépendance à la console (jeux, mails, films porno…) que l’on déplore chez les enfants : les députés n’entendront plus ce qui se dit en séance. Un nouveau moyen d’accélérer le vote des lois ?
    (Ce qui va dans mon sens est qu’au même moment le ministre de l’éducation nationale prohibe le téléphone portable à l’école.)
    Machiavélique ?

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