Si l’argent m’était conté…

Voici un livre qui réconciliera facilement  les nuls en économie comme moi, qui n’ont pas cédé aux charmes des cours sur la micro, la macro, les fonctions d’utilité et autres joyeusetés, mais qui se laisseront envoûter par les récits passionnants de Jean-Philippe Bidault, où l’on croise (dans le désordre) Périclès, Isaac Netwon, Charles Quint, Churchill, ou encore Poincaré, figures que j’avais rarement (à l’exception de Poincaré) associées à l’histoire économique.

En ces temps troublés de remise en cause de l’Euro, la lecture de ce très agréable livre permettra à chacun de comprendre, si besoin était, qu’en termes de monnaie, rien n’est figé et que ce qui est justifié aujourd’hui ne le sera sans doute peut-être pas d’ici quelques décennies. Les choix monétaires ont des impacts lourds de conséquence, et le lien que l’auteur établit entre les grandes guerres mondiales et les désordres monétaires de la première moitié du vingtième siècle est assez éloquent.

Au passage, on y apprendra que les cigarettes peuvent, à l’occasion, servir de monnaie, et que ceux qui l’ont compris ont pu s’enrichir à peu de frais. Que Newton – oui, le Newton de la pomme et de la gravitation – a perdu toute sa fortune dans l’explosion d’une bulle financière. Que grâce à des moyens modernes d’analyse des isotopes de certains métaux, on sait à peu près que l’Office de Saint-Georges a sans doute détourné une bonne partie de l’argent extrait des Amériques. Et que le Saint-Siège s’est parfois livré à de véritables batailles financières contre certaines monnaies.

Bref, voilà un livre passionnant, qui mélange histoire, politique et économie: Si l’argent m’était conté…

La citation à retenir: vulnerant omnes, ultima necat (traduction ici).

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