Frédéric Mazzella a du talent, on le savait déjà. L’ancien président du numéro un du covoiturage BlaBlaCar est non seulement un formidable entrepreneur, mais il est aussi un talentueux musicien qui joue de plusieurs instruments (selon sa fiche Wikipedia). Il est également, depuis quelques jours, un écrivain à la plume précise et au style fort agréable. Mais bien entendu, il n’a pas choisi le chemin habituel pour se faire publier.
Mazzella a en effet décidé de renouer avec un style passé de mode, le roman feuilleton, en lui donnant un petit coup de patte numérique. Chaque jour, il publie, sur un site dédié et par mail distribué aux abonnés dont je fais partie (avec près de 1500 autres à ce jour), un nouveau chapitre de son roman. Chaque chapitre est diffusé en français et dans quatre autres langues, probablement avec un petit coup de pouce d’une IA.
Son titre : Robot 1er.

De quoi s’agit-il ? D’une élection présidentielle, en France – on pense bien évidemment à celle qui se profile à l’horizon – et de son premier candidat d’un nouveau genre : une IA. La prise du pouvoir par des IA était jusque là plutôt la conséquence d’une supériorité affirmée et d’un épisode relativement violent, dont l’humanité sortait rarement indemne. Mais ici, il s’agit d’une pris de pouvoir plus tranquille, consentie, et d’un pouvoir d’ailleurs plus partagé que pris et exercé de manière abrupte.
Le roman n’en est qu’à son sixième chapitre, mais j’ai eu envie d’en parler ici, tout simplement parce que je prends un plaisir immense à en lire un chapitre chaque matin, en prenant le métro. L’idée était séduisante, la réalisation est d’excellente facture, avec un juste équilibre de suspens, d’émotion et de surprise. Des notes de bas de page viennent parfois appuyer les propos de la machine, qu’on sent sous une influence de gauche libérale… À vrai dire, je ne regrette qu’une chose, c’est l’absence de représentations graphiques pour aider le lecteur à se représenter le héros numérique de ce feuilleton. Gageons que si le succès est au rendez-vous, une adaptation graphique en BD, voire cinématographique, ne tardera pas.
Après tout, Antonin Baudry a bien débuté au cinéma en adaptant sa BD Quai d’Orsay ?




