Le buzz d’hier en France, c’était évidemment la lettre publiée par Bernard Arnault sur son nouveau compte Twitter. Le patron de LVMH, polytechnicien (X69) et première fortune de France, s’est fendu d’un texte remarquable pour répondre à l’enquête menée sur lui par deux journalistes du Monde, Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider.
Bien sûr, il est impossible de savoir si c’est bien le milliardaire qui a écrit lui-même ce texte, ou s’il s’est fait aider par une agence de communication. Mais le résultat, qu’il endosse parfaitement et sur un media sur lequel on ne l’attendait pas (ou plus), atteint un tel niveau de finesse et d’ironie, que je ne peux m’empêcher de le partager ici.
Je vous invite à lire ces trois pages ciselées comme une pièce d’orfèvrerie. Tout y est, l’élégance d’une réponse sans agressivité, l’ironie et le détachement d’une personne qui se situe au-dessus des débats, et qui met en relief les incohérences du récit que proposent ces deux journalistes, pourtant aguerries.
C’est assez étonnant, parce que je me souviens fort bien avoir lu un texte, il y a quelques années, dans les colonnes du Monde, beaucoup plus complaisant sur Bernard Arnault. Un passage m’avait particulièrement marqué, on y relatait le fait que cet ancien élève avait assisté à l’oral de son rejeton (finalement accepté, promotion 2014). S’il est parfaitement possible d’assister aux oraux des candidats si l’on s’y prend dans les règles, le fait qu’un parent assiste à l’oral d’un de ses enfants m’avait paru particulièrement surprenant, tant pour l’enfant qui peut être perturbé, que pour l’examinateur, qui peut ne pas se sentir tout à fait à l’aise avec un spectateur du gabarit du patron de LVMH.
Mais peu importe, la lettre dont il est question dans cet article est un petit chef d’oeuvre de rhétorique, qui devrait être étudié dans toutes les écoles de communication, et au sein de toutes les organisations amenées à devoir communiquer de manière plus ou moins fréquente, sur des sujets abondamment discutés.
Bernard Arnault devrait probablement donner quelques conseils à Bibi ou au porte-parole de l’armée israélienne…
