Ce qui avait commencé comme une immense fête du football mondial s’est achevé en weekend assez grotesque. C’est dommage, j’ai beaucoup apprécié cette Coupe du Monde de football format XL avec 48 pays invités – en attendant la version XXL avec 64 pays, voire la version XXXL avec 128 pays, mais autant vous prévenir de suite, il sera difficile d’aller plus loin tant qu’on n’aura pas envahi la moitié de la galaxie…
Avec près de quatre matches par jour, dont certains la nuit, la FIFA avait enfin trouvé le moyen de diffuser des matches en quasi continu et d’occuper les cerveaux de 7 milliards de décérébrés en mode follow the sun. C’était joyeux, même si certaines équipes semblaient ne pas avoir le niveau souhaité pour évoluer en compagnie des plus grandes nations du football. Je veux bien entendu parler de Curaçao (156 000 habitants) et non du Cap Vert (584 000 habitants), ce dernier ayant réussi à tenir tête aux deux finalistes pendant 90 minutes (0-0 contre l’Espagne en match de poule, et 2-2 contre l’Argentine, avant de s’incliner 3-2 à la fin des prolongations…).
J’ai apprécié cette Coupe du monde sans Italie – qui ont la fâcheuse habitude, paraît-il, de casser le jeu et de jouer la défense à outrance – et avec une Allemagne qui se fit sortir par un Paraguay que nous dominâmes au terme d’un match acharné. J’ai apprécié l’équipe de France et son style de jeu sans milieu de terrain, qui augurait des scores fleuves face à des défenses faibles ou des adversaires capables de nous priver de ballons.
Et nous avons été gâtés ! Kylian Mbappé a survolé cette 3e participation en coupe du monde, tel le Pelé qu’il ne sera probablement jamais. Il en sort meilleur buteur, mais probablement aussi joueur le plus triste, après une piètre prestation de ses partenaires contre l’Espagne, qui joue vite et défend bien, mais ne séduit pas, et une encore plus piètre prestation lors du match pour la 3e place…
Parlons-en de ce match. Ou plutôt de ces deux demi-matches, tant les deux mi-temps différaient par leur physionomie. Une première qui était une véritable déculottée, avec quatre buts encaissés sans que cela ne suscite la moindre réaction de la part des joueurs français, complètement annihilés, face à un Didier Deschamps anéanti par la Berezina en cours, à l’occasion de son dernier match comme sélectionneur. Puis un sursaut d’orgueil, suite à un remaniement sévère à la mi-temps, et un score final qui fait plus penser à un premier set au tennis ou à un match de premier tour de coupe de France, qu’à un match pour la 3e place…
Que dire de cette finale ? Une équipe espagnole offensive mais qui bute sur des Argentins incapables de retrouver tout esprit offensif – au bon sens du terme, pas au mauvais – avant d’être menés au score, une mi-temps interminable avec un semblant d’animation genre super bowl. Ce qui aurait dû être une apothéose s’est peu à peu transformé en match interminable, aux relents de show commercial sans grand intérêt. Et le dernier (vraiment ?) match de Messi en Coupe du monde aura été aussi triste que le dernier match de Didier Deschamps…
Finalement, ce qu’il y a de plus intéressant dans une Coupe du monde, c’est ce qui se passe avant la finale.

