Cette édition 2026 de la Coupe du monde de football est particulière à plus d’un titre. D’abord, elle se déroule sur trois pays différents, et c’est une première, même si l’édition 2002 s’était déroulée sur deux pays (Japon et Corée du Sud). De plus, la FIFA a décidé d’accueillir encore plus d’équipes en la phase finale : cette édition permet donc de voir évoluer 48 équipes nationales issues de pays différents, le plus petit étant Curaçao qui compte à peine une centaine de milliers d’habitants, trois fois moins que l’Islande. Enfin, l’un des pays d’accueil – les États-Unis d’Amérique – va fêter son anniversaire en plein milieu de la compétition, ce qui va probablement complexifier les mesures de sécurité.
Mais il y a quelque chose d’encore plus étonnant, dans cette Coupe du monde, et cela nous concerne directement, nous autres français. Cette édition accueille en effet un nombre particulièrement important de joueurs nés sur le territoire national : 99 des 1248 joueurs qui participent à cette phase finale (48 x 26) sont nés en France, dont 23 seulement évoluent en équipe de France. Cela signifie que 76 joueurs nés en France jouent pour des adversaires potentiels de l’équipe de France !
Incroyable, non ?

La France est, si l’on considère le pays de naissance, le pays le plus représenté, loin devant les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Angleterre. Alors on connait bien sûr le cas de Laporte, défenseur qui a choisi de jouer pour l’Espagne, mais on peut s’étonner de voir le fils de Zinedine Zidane jouer pour l’Algérie – il a même pris 3 buts de Messi.
Je n’ai pas réussi à remettre la main sur le graphique qui donnait la répartition de ces joueurs nés sur le territoire national évoluant pour d’autres équipes, je me souviens seulement que Haiti arrivait ne tête, devant l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, la République Démocratique du Congo et quelques autres pays, comme le Qatar…
J’ai aussi vu passer sur LinkedIn un article qui faisait une analyse démographique plus poussée, pour connaître l’origine régionale de ces joueurs. L’Ile de France arrive bien évidemment en tête, avec des centres de formation de réputation de dimension internationale – rappelons que Kilina Mbappé a été formé à Bondy.
Bref, la France est devenue plus qu’une grande nation du football, avec ses deux étoiles et sa finale de 2022. Elle est devenue une sorte de terroir, d’où sortent des contingents de joueurs si fournis, que l’équipe nationale ne peut tous les accueillir, et que le seul débouché possible pour jouer en Coupe du monde, c’est de jouer pour une autre nation.
La France a fourni, avec Bob Denard et ses amis il y a quelques décennies, des mercenaires qui ont sévi sur de nombreux terrains et champs de bataille.
Avec Luca Zidane, Aymeric Laporte et quelques autres, elle fournit désormais des mercenaires qui évoluent sur d’autres types de terrains.
Nous exportons désormais des footballeurs.
C’est déjà ça.




