Ça y est, l’été est là – rappelons qu’avant d’être la fête de la musique, le 21 juin marque surtout le solstice d’été, le début de la saison chaude, celle où Sirius, étoile du petit chien, vient pointer son nez à l’horizon (d’où l’origine du mot cani-cule…). Des canicules, on en a connu, et l’historique de Kablages est là pour nous le rappeler. Mais une chaleur aussi élevée et pour plusieurs jours, j’en perds mon latin !
Evelyne Dhéliat aussi, semble-t-il, avec une carte qui n’est pas sans rappeler celle du nuage de Tchernobyl, mais à l’envers : pour la catastrophe nucléaire de 1986, tous les pays frontaliers étaient touchés sauf l’hexagone, mais désormais, avec une telle cartographie, on a l’impression que tous nos voisins baignent dans une fraîcheur admirable, pendant que nous nageons dans notre propre sueur…

Des journées avec un thermomètre qui monte facilement à 40 degrés Celsius, des nuits où il ne descend pas au-dessous de 25, cela ressemble plus à un climat tropical qu’à un climat tempéré. Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est la durée de tels épisodes de canicules : déjà près d’une semaine qu’on en bénéficie, après une première canicule presque aussi forte il y a une quinzaine de jours. Qu’on appelle cela réchauffement climatique ou pas, peu importe : c’est pénible, difficile à vivre tant pour les les vieux que les plus jeunes, les animaux que les plantes, et entre griller au soleil ou baigner dans une sueur omniprésente, le choix qui nous est offert est peu réjouissant.
À l’heure où j’écris ces lignes, il fait déjà 29 degrés dans mon appartement. J’ai beau avoir ouvert toutes les fenêtres de bon matin, aucun souffle d’air ne vient apporter un peu de fraîcheur. Baisser les volets semble une alternative tout aussi peu réjouissante, on reste coincé dans une bulle d’air chaud à domicile. Le seul moyen de respirer, c’est de descendre à la cave ou au parking, au 2e sous-sol de préférence: là, on peut encore retrouver un 19 ou 20 degrés plus supportable.
Comme les rouleaux de papier hygiénique durant la crise Covid, les ventilateurs et autres climatiseurs viennent nous apporter une illustration de l’impact de telles périodes sur nos compatriotes : partout, des achats compulsifs. Les vendeurs de climatiseurs ne peuvent vous proposer de rendez-vous avant trois ou quatre semaines – au rythme où cela va, on va finir par installer la clim cet hiver. Et les rayons des supermarchés où l’on trouvait des ventilateurs de toutes formes sont désormais vides. En attendant une prochaine livraison en provenance de Chine.
Il est probable que ces fortes chaleurs viennent à se répéter cet été. Il faudra alors songer à revisiter les ouvrages scolaires, et modifier le chapitre climat en ce qui concerne la France ou l’Europe de l’ouest. Le climat tempéré a-t-il encore un sens, alors que se profile un second tour Mélenchon-Bardella ? Faudra-t-il ajouter des exercices de mathématiques ou de physiques sur le fonctionnement d’un climatiseur réversible ? Le brumisateur de poche va-t-il rejoindre la trousse de premiers soins qui trône dans je ne sais quel placard de chaque appartement ?
On pourra aussi s’interroger sur les quinze ou vingt dernières années d’appel à une prise de conscience sur le changement climatique. Les COP qui se sont succédées au même rythme que les modèles d’iPhone n’ont pas eu de gros impact, si ce n’est une législation française ou européenne tatillonne sur le seuil en dessous duquel il est interdit de faire fonctionner un climatiseur : ça c’est de la planification écologique ! Au lieu de construire des éoliennes dans un pays déjà doté d’une forte proportion d’énergie d’origine nucléaire, on aurait pu consacrer des budgets conséquents à doter les écoles, les bus et autres lieux publics des climatisation à la hauteur. J’invite mes compatriotes coincés dans un bus à y repenser, au moment où les effluves d’une aisselle bien active viennent irriguer leurs propres capteurs olfactifs.
Allez, ça suffit de se plaindre. Au lieu d’aller se faire dorer le bidon à 10 000 km d’ici sous des températures tropicales, nous avons désormais la chance de bénéficier de ces mêmes températures à la maison.
Si tu ne viens pas à Lagardère…




