… Et c’est l’Espagne qui gagne à la fin ?

Il y a des matches qui laissent des goûts amers. Celui d'hier soir en fait partie.

Il y a des matches qui laissent des goûts amers. Celui d’hier soir en fait partie. Sur les deux dernières années, c’est la troisième fois que l’équipe de France est opposée à celle d’Espagne dans un tournoi international, et c’est la troisième défaite consécutive. À croire que l’Espagne a remplacé l’Allemagne des années 80 dans la psyché des joueurs du onze national. Est-il possible de s’en défaire ?

Deutschland über Alles ?

Avec les Allemands, on s’en souvient, cela prit du temps. Il y eut ces deux demi-finales, perdues en 1982 dans la douleur, et en 1986 sans appel. Deux défaites qui ont longtemps pesé sur le moral du collectif national, le onze allemand faisant office de chat noir, impossible à vaincre par les Bleus – et pourtant, ces mêmes joueurs allemands invincibles perdirent en finale en 1982 face à l’Italie et en 1986 face à l’Argentine.

Cette malédiction allemande, pourtant, on a fini par la gérer. Il y avait d’abord cet écart, quatre ans en ces deux ratés historiques, qui permettait de panser les plaies. Et puis l’Allemagne n’était pas si invincible, et nous avons peu à peu appris à tenir tête à ces joueurs très physiques, capables d’infliger de véritables humiliations à leurs adversaires, comme en 2014 face au Brésil (7 à 1 devant des millions de téléspectateurs médusés…).

Coucou Cucurella

Mais avec ces joueurs espagnols, cela semble encore plus difficile. C’est la troisième fois depuis 2024 que le onze tricolore emmené par Kylian Mbappé rencontre la sélection espagnole. Et à chaque fois, cela s’achève sur une frustration immense, celle d’être passé à côté du match.

En 2024, le 9 juillet, en demi-finale de l’euro à Munich, malgré une excellent entrée en jeu, les Bleus se font remonter avant la moitié de la première mi-temps, et ne parviennent plus jamais à s’en remettre.

Puis en 2025, le 5 juin, en demi-finale de la ligue des Nations à Stuttgart, l’Espagne humilie le onze tricolore, menant 4-0 à la 60e minute, avant une remontée spectaculaire, qui s’achève sur un désolant 5-4.

Enfin hier, 14 juillet, jour de fête nationale, à Dallas (Texas), ce 2-0 qui vient gâcher la fête nationale et donner aux feux d’artifices un goût amer – donnant par ici une rare occasion de féliciter la mairie de Paris qui avait anticipé le désastre et avancé le traditionnel feu d’artifice parisien à la soirée du 13…

L’heure du changement a sonné

Mêmes joueurs ou presque, même période de l’année, même stade de la compétition, et même coach côté français. Qui blâmer ? Les joueurs ? Le coach ? La météo ? Impossible à dire. La seule chose qu’on peut conclure de cette triplette, c’est que l’équipe espagnole et son coach depuis 2022, Louis de la Fuente, ont trouvé la formule magique pour neutraliser cette équipe de France qui nous avait fait rêver durant ces dernières semaines.

Hier soir, Didier Deschamps officiait pour son avant-dernier match. Il lui reste encore à négocier la « petite finale », puis son successeur prendra la relève. Il partira capé comme aucun autre joueur français avant lui, ayant remporté deux coupes du monde, l’une comme joueur, l’autre comme entraîneur, ayant participé à l’épopée des bleus en coupe du monde, en tant que joueur ou entraîneur, pour un tier de tous les matches joués.

Mais il est temps de laisser la place.

L’heure de Zidane a sonné…

Herve Kabla
Herve Kabla

Hervé Kabla, ex-DS, ancien CTO de start-up, ancien patron d'agence de comm', consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.

Crédits photo : Yann Gourvennec

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