Craig Venter

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Si des tas de généalogistes en herbe et d’enquêteurs un peu partout sur la planète font joujou avec des outils de séquençage ADN, c’est en partie à Craig Venter qu’ils le doivent. Décédé il y a quelques jours, ce personnage étonnant est en effet un des pionniers du séquençage du génome humain, un projet scientifique qu’il a mené avec une approche plutôt commercial, celui qui l’a sans doute privé d’un prix Nobel.

Rien ne prédestinait Craig Venter à cette aventure. Plutôt instable, il fait des études médiocres, se retrouve infirmier au Vietnam et tente de se suicider en nageant vers le large après un stress provoqué par l’offensive du Têt. La guerre constitue va pourtant avoir un effet étonnant sur Craig Venter, qui s’engage par la suite dans des études de médecine, qu’il achève par un doctorat en 1975. Il enseigne une dizaine d’années avant de rejoindre le NIH en 1984, où il va s’intéresser aux techniques encore embryonnaire de séquençage de courtes séquences d’ADN.

C’est alors qu’il entrevoit la possibilité – un truc encore dingue pour l’époque – de séquencer la totalité du génome humain. Pour financer cela, Craig Venter imagine un moyen financier, breveter les séquences découvertes, au début sous la bannière du NIH, puis ensuite par des moyens privés, face au tollé soulevé par cette idée considérée comme incongrue par la communauté scientifique.

Il crée donc en 1998 Celera Genomics, dont l’ambition est de parvenir au décodage complet du génome humain, objectif qu’il annonce avoir atteint fin 2000, à peu près en même temps que le consortium public lancé à la même époque, en compétition avec Celera. On découvrira ensuite qu’il s’agissait de son propre ADN qui avait été utilisé pour ce projet. Son génome complet sera entièrement décodé en 2007.

Par son inventivité et son opiniâtreté, Venter aura donc participé à une révolution scientifique. Mais son côté hors-norme, et son parcours dans le privé plutôt que dans le public, lui auront probablement coûté un Nobel qu’il aurait sans doute mérité…

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