Plus que la lumière

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Cocorico, le président était tout fier d’annoncer un montant record d’investissement, en début de semaine, via le sommet « Choose France ». 93 milliards d’euros, c’est plus que le montant total annoncé sur les huit précédents sommets, il y a de quoi faire le fanfaron, hein Manu ?

Au-delà de la comm’ présidentielle, si l’on y regarde de plus près, l’investissement annoncé par SoftBank représente à lui tout seul 80% de ces 93 milliards. Ce fonds japonais créé en 1981 par Masayoshi Son, connu pour ses investissements audacieux dans Yahoo !, Alibaba, Didi, WeWork ou OpenAI, annonce en effet qu’il va investir 75 milliards d’euros dans la construction de data centers. De quoi jeter un léger froid du côté des acteurs français comme OVH, incapables d’aligner une telle ligne de budget. Il faut dire que la finance à la sauce SoftBank, c’est une sorte d’endettement permanent à la recherche de la prochaine success story. Tout l’inverse de Berkshire Hathaway.

Bertrand Duperrin porte un regard assez circonspect sur cet investissement, et on peut le comprendre. Ce qu’annonce SoftBank, ce n’est pas un investissement dans de la technologie française à proprement parler, mais dans les infrastructures françaises. C’est bien évidemment utile, mais en réalité, ces data centers peuvent aussi profiter à d’autres acteurs européens. Quant aux revenus issus de ces investissements, il y a peu de chance qu’ils restent en France. Et l’impact sur l’emploi, le rappelle Bertrand, est relativement limité : au-delà de la phase de construction à proprement parler, l’exploitation requiert des compétences qui peuvent opérer à distance, une demi-douzaine de gardiens, un maître-chien et un doberman…

Bref, ce qui attire SoftBank de par chez nous, c’est moins le savoir-faire hexagonal qu’une électricité propre (poru cocher la case ESG) et bon marché. En gros, ce n’est pas tant du Choose France mais plutôt du Choose Électricité de France.

Bref, tout le monde est bien content : le président sortant, qui ne se représentera pas, peut s’enorgueillir d’un petit coup de comm’ qui frôle les 100 milliards d’euros. EDF bénéficie d’un nouveau client qui, espérons le, utilisera à fond son forfait heures pleines et heures creuses. Et SoftBank va pouvoir préempter quelques gigawatts à revendre, moyennant quelques GPUs et un système de refroidissement tip top conçu par Schneider, à des acteurs locaux ou européens.

Mine de rien, c’est aussi cela, l’économie de l’IA.

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