Robert Redford

Robert Redford était peut-être le plus bel acteur de sa génération. Mais cela ne lui suffisait peut-être pas...

Avec Robert Redford disparaît une des grandes figures du cinéma du dernier tiers du 20e siècle, à la fois comme acteur puis comme réalisateur. Avec ses yeux bleus et sa chevelure dorée, il attirait un public nombreux qui venait l’admirer dans des films à succès comme Butch Cassidy et le Kid, L’Arnaque ou Out of Africa. Pourtant, aucun de ces succès ne lui a valu d’Oscar pour ses interprétations, et la célèbre académie ne le récompensa que comme réalisateur.

Y avait-il une raison ? Les jurys étaient-ils jaloux de son physique de tombeur ? Peut-être. Il faut dire qu’il dégageait une beauté incroyable, et l’on s’attachait peut-être plus à s’interroger sur l’origine d’une telle grâce qu’à suivre la qualité de son jeu, que certains pouvaient estimer trop mièvre, à l’inverse d’un Paul Newman plus enjôleur, plus charmeur, avec qui il partageait la vedette dans Butch Cassidy. Il fut une époque où le monde – féminin surtout – se divisait en deux, et où l’on était fan de l’un ou de l’autre, un peu comme aujourd’hui avec Ryan Gosling et Ryan Reynolds.

La consécration professionnelle en tant qu’acteur, j’entends par là la reconnaissance d’un véritable talent et non d’un physique au service d’un rôle, n’arriva peut-être qu’avec Les hommes du président, film tiré du roman éponyme des journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein, qui enquêtèrent sur l’affaire du Watergate, celle qui conduisit à la chute du Nixon.

La véritable consécration, cependant, arriva en tant que réalisateur. Et au milieu coule une rivière, ou L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux sont des films touchants, de véritables oeuvres cinématographiques conçues pour raconter des histoires, et non pour cumuler des millions d’entrées à force de poursuites automobiles, de violence non contenue et de stars « bankable ».

C’était peut-être cela, Redford, un acteur devenu une vedette pour des raisons qui n’étaient pas celles qu’il aurait voulu qu’on retienne, et qui chercha par la diversité de ses réalisations à se construire une autre légende.

Herve Kabla
Herve Kabla

Hervé Kabla, ex-DS, ancien CTO de start-up, ancien patron d'agence de comm', consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.

Crédits photo : Yann Gourvennec

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