L’abandon

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Le meurtre de Samuel Paty par un terroriste islamiste d’origine tchétchène, tout le monde s’en souvient. Cet assassinat sordide à l’arme blanche, dans une France à peine remise des attentats de 2015 et du premier confinement, à la veille d’un second, fait partie des faits divers qui ont permis de prendre conscience de ce que Georges Bensoussan qualifiait, il y a un quart de siècle, de territories perdus de la République. La violence et la terreur dans les établissements scolaires ne concernait plus uniquement les écoles juives, mais pouvait déferler dans tout collège, tout lycée, dès lors que les pouvoirs publics laissaient le terrain libre à un discours islamiste.

Contrairement aux propos de la clique LFI, ce film ne diffuse aucun discours raciste ou islamophobe. Il ne propose qu’une recension chronologique des faits qui se sont déroulés entre le premier cours consacré à la liberté d’expression, durant lequel ce professeur d’historie projeta les fameuses caricatures de Mahomet diffusés dans Charlie hebdo tout en proposant aux élèves qui le souhaitaient de sortir de la classe, et l’assassinat prémédité par le terroriste.

Deux idées fortes se dégagent de ce film. La première, c’est l’emballement d’une affaire finalement assez ridicule, l’exclusion d’une élève peu assidue, qui veut dissimuler la sanction en se faisant passer pour la victime d’un professeur raciste, affaire qui devient vite incontrôlable du fait d’éléments extérieurs qui cherchent à jeter de l’huile sur le feu. On pense immédiatement à toutes les affaires similaires qui ont pu se dérouler par le passé, des sorcières de Salem aux accusations de meurtre rituel envers les communautés juives en Europe. Il suffit d’une rancoeur injustifiée, déguisée en accusation infamante, et la haine se déferle sur un individu ou un groupe d’individus. La mécanique est connue, et on la voit ici à l’oeuvre, via la famille de la jeune fille exclue, et son interlocuteur radicalisé, et jusqu’au comportement des collègues de Samuel Paty, qui se désolidarisent par couardise plus que par intérêt.

La seconde, c’est bien évidemment la faillite des pouvoirs publics. Empêtrés dans des procédures aux noms rocambolesques, les différents administrations concernées (rectorat, commissariat, renseignements généraux) passent à côté de la véritable menace. La principale du collège à beau se démener, elle ne peut venir à bout de cette administration dont la complexité s’interpose, comme un rempart à une approche sécuritaire. Bien sûr, il est facile de pointer du doigt les failles a posteriori, mais on frémit à l’idée que tout cela aurait pu être évité si seulement…

L’abandon est donc un constat à froid, sans colère et sans haine, mais avec un message à l’attention du public français : la haine islamiste peut frapper à tout moment, et la vigilance s’impose. À un an de la prochaine présidentielle, avis aux amateurs…

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