Meurtres, en toute intelligence

L’intelligence artificielle fait fantasmer pas mal de monde depuis quelques mois (il est grand temps que l’Intelligence Artificielle expliquée à mon boss sorte…). Il est donc tout à fait normal que paraissent des essais et des romans spéculatifs sur ce sujet. Celui que nous livre Jacques Attali n’est pas des plus déplaisants, même si ce n’est probablement pas son meilleur livre.

Au lieu de s’aventurer à énoncer des généralités sur les risques sociétaux, comme le font d’autres auteurs, sur les risques globaux posés par l’IA, Attali s’intéresse à un cas spécifique. Meurtres, en toute intelligence pose la question des risques posés par le développement de l’intelligence artificielle, en effectuant une curieuse association: que se passerait-il si on parvenait à rendre intelligents des drones dotés de capacités offensives? On n’est pas loin de RoboCop, même si les dimensions du drone tueur sont moindres que celles du gros méchant robot du film des années 90. On pense aussi au Golem, version 21ème siècle.

Comment y parviendrait-on, Tout simplement, suggère Attali, en laissant une entreprise fabriquant des drones offensifs acquérir une entreprise spécialisée sur les techniques d’intelligence artificielle. Bien sûr, on aimerait faire remarquer à l’auteur que les entreprises qui fabriquent des drones militaires ont probablement déjà recruté les compétences nécessaires pour doter leurs appareils de ressources intelligentes, et qu’il n’y a certainement pas besoin d’attendre une opération de fusion-acquisition pour qu’un tel scénario prenne forme.

Pour mieux faire passer le message, rien de mieux qu’une bonne histoire, Attali le sait bien. Celle-ci prend la forme d’un roman policier, où l’héroïne, commissaire de police et fille d’immigrés d’Afrique du Nord, doit conjuguer sa vie privée avec son enquête. C’est sur ces aspects là que le livre pêche, et fait plutôt penser à un dernier opus du Club des 5 qu’à un recueil d’anticipation. Meurtres, en toute intelligence, aurait gagné à un peu moins de trivialités.

Bref, voici un livre qui n’est pas déplaisant et qui fait toucher du doigt certains des risques posés par le développement effréné des techniques d’IA dans certains domaines, bien plus concrets que ceux liés à la disparition des chauffeurs de train et des pilotes de ligne. Et on repense au rapport Villani, qui évoquait le sujet des Systèmes d’armes létales autonomes (SALA)…

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A propos de Herve Kabla

Hervé Kabla, président de Else & Bang, cofondateur de The Daily Finance et de la série des livres expliqués à mon boss avec Yann Gourvennec.

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