L’année du lion

Ils ont tué mon père. Je les aurai. Après la Fièvre qui a décimé les neuf dixièmes de la race humaine, mon père, Willem Storm, a fondé Amanzi, une nouvelle colonie, et l’a menée du chaos à l’ordre, de l’obscurité à la lumière, de la famine à l’abondance.

C’est ainsi que commence L’année du lion, roman post-apocalyptique de Deon Meyer. L’action se situe en Afrique du Sud, après qu’une pandémie eut décimé la majeure partie de l’espèce humaine. Les survivants se regroupent en communautés, et celle fondée par le père du narrateur semble être l’embryon d’une réelle démocratie. Mais comment survivre, comment tenir face aux autres communautés, aux clans de barbares qui viennent dévaster, à intervalle régulier, les plantations et les réserves ?

Le fléau – bis repetita ?

Plongé dans une guerre entre une version moderne des peuples d’éleveurs et de chasseurs-cueilleurs, le lecteur se retrouve rapidement pris dans l’intrigue policière énoncée aux toutes premières pages. On sait que le fondateur de cette communauté va disparaître, mais quand, et par la faute de qui ? C’est tout le talent de Deon Meyer, auteur de romans policiers, d’entretenir le suspense et de brouiller les pistes. Jusqu’aux dernières pages et au dénouement surprenant, évidemment, de cette intrigue.

En lisant ce pavé de 600 pages recommandé par un ami sur Facebook, j’ai bien entendu pensé au Fléau, que j’avais lu il y a à peine quelques mois. Mais si les deux livres tiennent la comparaison sur certains points comme le nombre de pages (avantage au Fléau) ou le nombre de chapitres (avantage à L’année du Lion), ils s’en distinguent par de nombreux aspects. Là où Stephen King introduit du paranormal et une lutte eschatologique, Deon Meyer se limite à un conflit entre groupes humains : il n’y a pas de surnaturel dans l’Année du Lion, on reste d’un bout à l’autre dans un schéma hautement réaliste. Deon Meyer fait de la prospective là ou Stephen King fait du fantastique.

Survivre avec philosophie

L’année du Lion est d’ailleurs abondamment ponctué de références philosophiques, de Spinoza à Yuval Harari. Et si le Fléau de Stephen King prend source dans l’éternel conflit entre le bien et le mal, la Fièvre de Deon Meyer, elle, relève d’une problématique plus moderne, celle de la surconsommation des ressources terrestres, de l’épuisement de la planète et d’une réponse naturelle, a priori, des éléments, contre un fléau bien plus réel : l’espèce humaine.

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