Les Contes de Shakespeare

Au début du A9ème siècle, un frère et une soeur, Charles et Mary Lamb, publièrent un livre de contes basés sur des pièces de Shakespeare. Une vingtaine d’ouvres de cet immense auteur ont été résumées, transposées en prose, et adaptées à la lecture de jeunes enfants. Le résultat, ce sont ces Contes de Shakespeare, traduits assez tôt en français, et dont une édition de poche propose une dizaine de Contes.

Il n’y a rien de bien original dans ce livre, et le lecteur assidu de Shakespeare trouvera peut-être un peu fade ces adaptations qui font penser, au premier abord, à ces résumés d’oeuvres originales proposés aux collégiens qui ne souhaiterait pas se lancer dans la lecture des grands auteurs disparus. Des ersatz peu appétissants. Mais il n’en est, heureusement, rien.

Pour ceux qui, comme moi, n’ont lu que deux ou trois oeuvres de Shakespeare il y a bien longtemps, ce petit recueil peut s’avérer une excellente mise en bouche, comme un apéritif avant de se lancer dans la découverte – ou redécouverte – des principales oeuvres de ce talentueux poète, aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie. On y retrouve trois comédies (le songe d’une nuit d’été, le conte d’hiver et le Tempête), et cinq drames (Othello, Hamlet, Macbeth, le Roi Lear, Roméo et Juliette).

Immense analyste de la nature humaine, portant un regard à la fois lucide sur les relations entre les individus, Shakespeare était capable de brosser, en une histoire, certains des drames les plus courants qui menacent le fragile équilibre des relations humaines, que les protagonistes soient issus de la même famille, comme dans le Roi Lear, des amis comme dans la Tempête, ou de clans opposés comme dans Roméo et Juliette. Mary et Charles Lamb sont parvenus à restituer, tout en simplifiant parfois les intrigues, cette dimension analytique si froide et cruelle à la fois.

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