Emmanuel Macron, encore combien de dodos ?
Vous vous souvenez sans doute de l’époque de la présidentielle 2017 lors de laquelle Nicolas Canteloup se moquait d’Emmanuel Macron et de son épouse, qui comptaient les dodos avant de prendre possession de l’Élysée ? Désormais, il nous est permis de compter le nombre de dodos avant … son départ de l’Élysée. Nous en sommes à un peu moins de 400, mais combien exactement ? Suspense…
Un calendrier de m…
Le mandat d’Emmanuel Macron étant son second et dernier, le calendrier électoral prévoit donc un premier tour pour le 11 ou 18 avril 2027, et un second tour le 25 avril ou le 2 mai. Le lundi de Pâques ayant lieu le 29 mars prochain et le jeudi de l’Ascension le 6 mai, le 1er mai tombant un samedi, il n’y aura donc pas de pont ou de long weekend à passer à la campagne, et les électeurs auront donc tout loisir de se déplacer pour se prononcer en masse, parmi le choix évidemment pléthorique de candidats (la page Wikipedia dédiée à la présidentielle de 2027 en décompte déjà une quarantaine, qui se réduira sans doute à une quinzaine d’ici là, du moins pouvons-nous l’espérer)…
La tâche qui attend le futur président ou la future présidente promet d’être colossale, comme d’habitude. Et s’il doit composer avec l’Assemblée nationale dans sa composition actuelle, ce qui est tout à fait possible puisqu’elle n’a été renouvelée qu’en 2024 après la glorieuse dissolution, ce ne sera pas une partie de plaisir. Il faudra donc compter sur de nouvelles élections législatives un mois plus tard, ce qui nous amènera à début juin, un mois avant les départs en congés de la majorité des français, députés compris. Donc ne vous attendez pas à une seule réforme ou décision concrète avant … octobre ou novembre 2027.
La faute à Pompidou
Ce calendrier électoral, nous y sommes habitués depuis un certain temps, hélas. C’est la tragédie française, qui veut que la présidentielle se déroule au milieu du printemps, suivie d’une législative elle-même suivie d’un long tunnel de vacances. De fait, les présidents de la 5e république ont tous connu ce même long calvaire qui empêche toute action majeure durant les deux cents premiers jours du mandat présidentiel, et handicape sérieusement le succès de l’équipe nouvellement en place.
Pourquoi un tel calendrier et que peut-on faire pour y remédier ? The Economist s’est intéressé récemment à la question. Il a rappelé à ses lecteurs les plus anciens que ce calendrier déplorable n’était pas celui prévu initialement et que c’est un des aléas de la vie des dirigeants qui l’a mis en place. À l’origine, ou du moins du temps de De Gaule, la présidentielle se déroulait en hiver : le 21 décembre 1958 pour la première élection du Général de Gaule, puis les 5 et 19 décembre 1965 pour sa seconde élection. Une première anicroche intervient avec sa démission, puisque la présidentielle de 1969 se déroule en juin. La seconde anicroche, qui fige définitivement le calendrier depuis, c’est la mort de Pompidou en avril 1974, qui provoqua des élections en mai 1974. Depuis, les présidentielles, souvent suivies de législatives, se sont déroulées au pire moment de l’année.
Comment y remédier ? The Economist propose une solution disons plutôt innovante, qui ne risque pas de plaire au locataire actuel de l’Élysée. Il lui suffirait de démissionner à la fin de l’automne 2026, pour que le calendrier électoral se rétablisse en décembre, ce qui permettrait à la nouvelle équipe d’être totalement opérationnelle dès le début de l’année 2027, comme c’est le cas dans d’autres pays, et notamment aux Etats-Unis, adeptes des élections début novembre pour une mise en place en janvier.
3%, comme la dette
Bien sûr, cela amputerait le double mandat Macron d’une centaine de jours. Soit environ 3% de la durée totale initialement prévue. Et alors ? ne me dites pas que son action, à la tête de l’état, est vraiment incroyable. Il ne se passe à peu près rien, pas une réformette – à part la contestable loi Yadan. Le déficit de l’état continuera de se creuser, les syndicats n’auront même pas de quoi manifester à la rentrée si ce n’est pour demander son départ.
Bien spur, il faudrait une petite carotte pour que Manu accepte de réduire son nombre de dodos à l’Élysée. On pourrait l’autoriser de passer une centaine de dodos à Versailles ou à Brégançon, pour services rendus à la Nation.
Je suis certain que personne, pas même Mélenchon ou Marine le Pen, n’y verraient déinconvénients.
Et sans doute aucun autre candidat au poste qu’il occupe.
Si l’idée vous plaît, partagez cet article. L’idée pourrait faire bouel de neige…
Hervé Kabla, CTO de Cymon, ancien patron d’agence de comm’, consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.
Crédits photo : Yann Gourvennec












