Eloge des fautes d’orthographe

Claude Lussac, auteur d’un excellent Pisser à Paris, revient avec un ouvrage tout aussi décapant: Eloge des fautes d’orthographe. Des fautes d’orthographe, on en a tous commis, et on en commet de plus en plus souvent d’ailleurs, malgré la présence de correcteurs orthographiques sur la plupart de nos interfaces digitales. Le propos de Claude Lussac n’est pas tant de dénoncer l’ignorance de celles et ceux qui en commettent le plus souvent, mais plutôt d’en extraire une saveur particulière. Depuis qu’il est éditeur, Claude Lussac n’a jamais autant apprécié leur existence.

Dans ce petit livre qui se lit très vite et avec grand plaisir, il en parcourt tous les aspects. Des fautes d’inattention aux lapsus, des fautes commises à l’écrit ou à loral, des fautes volontaires aux plus courantes, il parvient en quelques chapitres à nous démontrer la force de son propos: sans faute d’orthographe, notre quotidien serait assez triste et morne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il s’oppose, comme de nombreux linguistes un peu rétrogrades, à la réforme de 1990. En autorisant des orthographes un peu trop simples, les académiciens vont probablement raréfier les rares moments de plaisir qu’il prend en se délectant d’un « dilemne » ou d’un « indemme ».

Parmi les fautes les plus remarquables, un certain Nicolas S. en prend pour son grade. Les néologismes issus de ses discours valent toutes les « bravitudes » de son adversaire d’un jour. Dans le registre des politiques, on fera également la découverte des « cuirs » et des « velours » de personnages plus célèbres.

Comme cette faute de liaison extraite d’un célèbre discours du Général de Gaulle. Il faut dire que ses propos étaient tellement surprenants et ahurissants, que l’erreur ainsi commise passait évidemment au deuxième plan. Décidément, nul n’est à l’abri des fautes d’orthographe…

Voici donc un livre à offrir et à savourer, et où j’avoue avoir pris énormément de plaisir. Clairement, cet Éloge des fautes d’orthographe mérite de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques. Mais pas trop loin d’un dictionnaire, au cas où…

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