Le vaccin de la colère

Ça y est, les premiers vaccins sont là ! La campagne de vaccination contre l’épidémie de Covid-19 a même déjà démarré outre-Manche.

C’est quand même chouette, non ?

Le vaccin le plus rapide au monde ?

Moins d’un an après le déclenchement de l’épidémie, plusieurs laboratoires ont mis au point des vaccins, avec des approches technologiques parfois audacieuses et innovantes, et des résultats plus ou moins bons. On a même eu droit a une petite campagne de communication un peu superficielle, de course à la performance entre les différents laboratoires, sur le mode de « je protège à 70%, non 75%, non 90%, non 94% », comme si l’on était en train de faire ses courses au marché, et qu’on écoutait les poissonniers s’écrier « elle est belle ma daurade », « goûtez ma morue », « la sole, la sole, la sole ».

Le site de Sanofi-Pasteur le rappelle, mettre au point un vaccin, ce n’est pas un exercice simple

Douze mois après le début de cette catastrophe mondiale, qui a tué officiellement plus d’un million et demi de personnes, mais probablement bien plus, et qui a mis à mal des pans entiers de l’économie, voici l’humanité dotée des moyens de se défendre. Chapeau, Sapiens ! On savait que l’espèce humaine était coriace, on en a la confirmation.

À quelques détails près, quand même.

Je doute, donc je suis

Ça et là, on entend en effet des voix s’élever, pour proclamer tout haut leur suspicion vis à vis de ces nouveaux vaccins. Je mets de côté les complotistes, ces mythomanes ambulants qui voient dans les prochaines injonctions de vaccin anti-Covid une démarche organisée par on ne sait quelles forces obscures, pour nous inoculer des puces 5G et traquer les individus au quotidien. Il y a des dingues partout, ils sont simplement un peu plus nombreux chaque jour, et le cocktail Covid + 5G est encore plus dangereux que le double whisky-vodka.

Non, je parle des individus sympathiques, comme vous et moi, nos amis ou proches, qui nous disent sans broncher : « tu vas te faire vacciner, toi ? moi non, je n’ai pas confiance, le truc est trop récent, pas assez testé, on ne connaît pas encore les effets secondaires ».

C’est à eux que je m’adresse.

Trop d’info tue l’info

Je comprends leurs doutes et leurs angoisses. l’année a été éprouvante. Les esprits sont épuisés, sans parler des corps. La capacité de réflexion est mise à mal. Trop d’information sur la vaccination, trop de débats contradictoires, trop d’idées partant dans tout les sens, cela vous embrouille le cerveau.

Et je me souviens aussi des controverses au sujet du vaccin contre l’hépatite B.

Mais c’est oublier les bienfaits de la vaccination dans le monde. Allez faire un tour dans les pays où sévissent encore les maladies qui faisaient des ravages il n’y a pas si longtemps en Europe. Vous y entendrez un autre discours, un autre niveau de confiance, une autre relation à ce type de médication.

Et sans aller aussi loin, souvenez-vous des vaccins qu’on vous inocule durant l’enfance et l’adolescence. Après tout, vous êtes bien contents de ne pas avoir à souffrir de tétanos, de poliomyélite, de coqueluche ou d’autres maladies aux noms sans ambiguïté ?

Alors certes, ce vaccin a été mis au point très rapidement. Et alors ? C’est une performance louable, non ? Auriez-vous préféré attendre 10 années de plus, en mode je confine, je déconfine, je confine, je déconfine ? Et les tests ont été menés tout aussi rapidement. Oui, mais ils ont été menés quand même, et indiquent un bon niveau de confiance.

Vacciner, c’est prévoir

Prévenir vaut mieux que guérir, et c’est bien ce dont il s’agit.

An-ti-ci-per.

Vacciner, et se faire vacciner, c’est prendre les devants face à la maladie. Se faire vacciner contre le Covid-19, c’est accepter de faire partie du rempart contre l’expansion de ce fléau mondial. C’est une question de responsabilité, d’intérêt commun contre intérêt privé.

Alors oui, comme beaucoup d’autres, je me ferai vacciner contre cette saloperie. En espérant ainsi non seulement ne jamais l’attraper, mais aussi ne jamais la transmettre, ni aux proches qui me sont chers, ni aux inconnus que je croiserai dans les transports en commun ou les lieux publics, une fois que la vie reprendra son cours normal.

À bon entendeur…

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