Our mathematical universe

De tous les livres que j’ai lus cette année, c’est probablement celui qui m’a le plus déçu. Et pourtant, après avoir écouté son auteur, Max Tegmark, interviewé par Steven Levitt dans le podcast People I mostly admire (épisodes 51 et 52), cet invité exprimait des propos suffisamment intéressants pour que je me lance dans la lecture d’un ou deux de ses ouvrages. Touche à tout scientifique, passé de l’économie à la physique quantique, l’astronomie, puis au big data, voilà un gars qui a certainement des choses intéressantes à partager, me suis-je dit. Va donc pour Our mathematical universe, et Life 3.0, dont une recension suivra d’ci quelques jours.

Max Tegmark est un scientifique suédois, qui a choisi le nom de sa mère, ce qui est dans l’air du temps. Son père est un mathématicien juif new-yorkais, Harold Shapiro, récemment disparu. Tegmark commence par s’intéresser à l’économie, avant de prendre conscience que dans ce domaine, les travaux des chercheurs servent essentiellement à justifier telle ou telle politique, sans qu’un consensus ne soit établi, contrairement aux mathématiques, ou à la physique (du moins le croyait-il). Tergmark suit ainsi le chemin inverse d’autres scientifiques, qui commencent par faire des maths ou de la physique avant d’aller vendre leurs talents dans une grande banque…

Our Mathematical Universe commence comme un bon bouquin de cosmologie, par rappeler l’état des connaissances dans ce domaine, il y a moins d’une dizaine d’années. Il rappelle, utilement, que la compréhension de tout ce qui relève à notre passé cosmique dépend des moyens d’observation, et des moyens de calcul pour exploiter ces observations, ce qui permet d’affiner peu à peu les connaissances et les hypothèses proposées.

Les premiers chapitres commencent donc sur un bon rythme. Sans poser d’équation ni faire de grandes démonstrations, Max Tegmark explique comment on en est venu à interpréter ce que nous expose l’observation du ciel, pour comprendre le Big Bang, la création de l’univers, l’infiniment grand, mais aussi l’infiniment petit. Jusque là, tout va bien. Cela se gâte quand il aborde le multivers. Ou plutôt les différents niveaux de multivers.

Il faut dire que le sujet est difficile. Unifier le modèle relativiste et la physique quantique, c’est le projet – avoué ou non – de dizaines de physiciens, qui se cassent les dents sur le sujet depuis plusieurs années. Et si Tegmark rappelle, à juste titre, qu’on ne peut comprendre de nouveaux modèles qu’une fois que les connaissances mathématiques nécessaires sont établies et que les esprits sont prêts à accepter ces nouvelles propositions, le saut intellectuel requis pour accepter les différents multivers me semble pour le moins alambiqué. Certes, Isaac Newton aurait eu du mal à comprendre ce que Albert Einstein proposait trois siècles plus tard, alors que le pont scientifique entre ces deux savants n’était pas encore solidifié. Mais cet argument suffit-il à convaincre ?

La troisième partie du livre part alors dans des divagations sur les modèles mathématiques, pour parvenir à la conclusion que tout est mathématique, et que notre perception d’un monde physique n’est que l’expression d’un monde purement mathématique, dont le modèle reste à définir.

À ce stade là, je me suis demandé ce que l’auteur avait fumé. Et quand j’ai compris que Max Tegmark était un pote de Nick Bostrom, l’auteur de Superintelligence, j’ai fini par comprendre que ce livre n’tait finalement pas pour moi…

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