Omicron va tuer le game

Cher lecteur, pardonne-moi ce titre inhabituel dans sa forme – d’ordinaire, je tente de plus châtier la langue – c’est pour faire djeun’s et donc convaincre :). Je te prie également de bien vouloir me pardonner ces prolégomènes un peu longs. J’ai de bonnes raisons : je vais te proposer, cher lecteur, une vision du monde, une opinion, qui « décoiffent ». Alors je dois préalablement tenter de te convaincre de ma crédibilité.

En effet, je ne suis pas docteur ès sciences, encore moins médecin ou même épidémiologiste. Je ne fréquente pas les plateaux de télévision pour déblatérer à longueur de journées. Je me contente de faire des maths, avec les sources – quand je dis des maths, c’est beaucoup de la règle de 3… – de réfléchir, et de tenter de mettre les idées en ordre

Il y a cette blague du belge qui vide consciencieusement le distributeur de Coca à la station service, en disant « tant que je gagne, je joue… »

J’aime ma liberté, j’aime le bon sens. Je déteste les hystéries, qu’elles soient individuelles ou, dans le cas du covid, collectives. Et j’aime prendre des risques. C’est ainsi que j’ai très tôt rédigé et mis en ligne dans le présent blog, un billet visant à expliquer que les médecins ne pouvaient prendre de décisions de santé publique. Le gouvernement vient de me donner raison – enfin – en allant, ce week-end, contre l’avis du conseil scientifique. J’ai également, au mois d’avril 2020, tenté de prévoir le nombre de morts cumulé à l’issue de la pandémie. J’avais écrit entre 200 et 250 000 sur 3 ans, nous en sommes aujourd’hui à 130 000 sur 2 ans. Mon chiffre n’est donc pas trop faux. J’ai également, ici et , été parmi les premiers à expliquer qu’il fallait apprendre à vivre avec le virus, et j’ai plaidé dès avril 2021 pour un pass vaccinal.

Enfin, dernièrement, j’ai proposé de vacciner les enfants, deux jours avant notre Premier Ministre.

Same player shoot again

Tant que je gagne, je joue ! Je vais donc m’efforcer de vous convaincre que le variant omicron :

  • va remplacer tous les autres variants
  • est très peu létal
  • dans ces conditions est LE variant qui va rendre endémique le covid !

Si je vous convaincs, vous conviendrez avec moi qu’il faudra alors :

  • ouvrir en grand les frontières afin de hâter sa prévalence ;
  • ne pas, comme certains s’y emploient depuis quelques jours, prendre des marteaux (un nouveau confinement ou un de ses ersatz) pour écraser une mouche ;
  • considérer que le mix d’immunité collective naturelle (les naturellement résistants, les malades guéris), artificielle (les vaccinés, adultes et enfants) et topologique (les gestes dits « barrières », en gros se laver les mains, éviter d’embrasser trop de gens et porter un masque en atmosphère confinée) est suffisant pour protéger la société contre un virus très peu virulent ;

Un virus, c’est primitif à défaut d’être primaire

Seconde diversion : un virus, en soi, est un « objet », qui passe certes pour vivant car il a la capacité de se reproduire, mais dont le moins qu’on puisse dire qu’il est plutôt primitif. Or on en parle comme d’un être doué d’intelligence. « Le virus mute ». « Le virus se propage ». Comme tout le monde le fait, y compris et surtout les scientifiques, les chercheurs, les épidémiologistes, c’est qu’il doit y avoir une raison. Comme souvent, la raison se trouve dans les maths .En maths, on définit des objets, qui sont des groupes d’objets, mais qui ont des propriétés nettement plus intéressantes, et en tous cas plus faciles à étudier.

À commencer par la théorie des ensembles. Mais également et surtout des « trucs » plus complexes, les fonctions de fonctions, les suites de suites, les séries, voire, encore plus complexes, et là se trouve mon niveau d’incompétence, les variétés, les distributions…Bref, individuellement, le virus est très con, mais collectivement, il faut considérer que c’est un être complexe et doué de raison, et je mettrai un V à Virus pour le distinguer.

Ceux d’entre vous qui ont eu des enfants savent que certains marchent tôt, d’autres parlent tôt, mais qu’il est très rare de faire les deux à la fois. Comme le fait dire Audiard à  Gabin, « Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre« . Mettez vous maintenant à la place du Virus : il sait qu’il ne peut s’améliorer dans toutes les directions. Et ce qui l’intéresse, ce n’est pas de tuer, c’est de se développer. Alors il troque la virulence pour la contagiosité. Mettez vous à sa place. Préféreriez vous êtes gros ou être méchant ? Omicron étant très contagieux, il ne peut être que très peu virulent.

CQFD

Pas convaincu ? Ben voyons !

Cher lecteur, j’entends d’ici ta réaction : Delwasse est fou, il raconte n’importe… Certes, c’est une hypothèse tout à fait acceptable. Nonobstant, j’ai deux arguments en réfutation :

  • Le premier est que la baisse de virulence, avec le temps, d’un Virus, est amplement documentée, y compris et surtout par l’abhorré Pr Raoult, qui est certes devenu l’Antéchrist, mais qui a quelques références sur le sujet.
  • Mais, la référence à Didier Raoult étant évidemment la plus mauvaise idée que j’aie eue depuis pas mal de temps, j’ai un argument beaucoup plus fort : le crunch. Non, le crunch n’est pas une référence de chocolat croustillant, ni même un match de rugby opposant la France à l’Angleterre. Il s’agit de prendre une base de données – un fichier excel quoi – et la triturer suffisamment pour en déduire quelque chose d’intéressant. Un boulot de consultant en stratégie junior. Et j’étais hyper bon à ce jeu. alors j’ai pris les données sus-référencées, et j’ai crunché. Pour faire simple, j’ai moyenné sur 30 jours pour lisser, et je suis allé regarder le ratio nombre de morts/ nombre de cas, en France, depuis le début de l’épidémie, en décalant de 20 jours pour prendre en compte le décalage entre l’infection et le décès. Et ça donne ça :

Suivant l’expression consacrée, les chiffres parlent d’eux mêmes.

Avec deux remarques

  • Le pic de mortalité lors de la première vague est bien sûr un peu artificiel, j’en suis conscient, on testait beaucoup moins à ce moment là.
  • Le cinquième vague, c’est Delta, pas Omicron. Omicron, ce sera la sixième vague. encore plus bas sur la courbe…

J’ai tué le game.

Omicron va tuer le game.

Il ne manque qu’une chose : que ceux qui décident de la politique de santé veuillent bien considérer que le reconnaître n’est pas prendre un risque. Et ça, je vous l’accorde, n’est pas trivial

Update du 30 décembre 2021

Ca y est, Omicron déferle sur la France. On est à 200 000 contaminations par jour, et 200 morts (qui, avec l’hystérésis, sont encore dus à Delta). Alors, me suis -je trompé ? Devons-nous paniquer ? La réponse est non. Définitivement non. Je vais tenter de vous le prouver en raisonnant, non pas entermes de flux, mais de stocks.

Je considère que le public susceptible d’être contaminé est, aujourd’hui, de 10 millions : 5 millions de non vaccinés, et 10% des vaccinés. Avec un taux de mortalité de 2 pour mille (ce qui est à peu près la mortalité de Delta, et non d’Omicron), cela fait un « réservoir » de décès potentiels de 20 000. 20 000, soit à peu près les décès annuels dus à la grippe saisonnière. C’est tout.

CQFD bis

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