La guerre contre le virus est une chose trop sérieuse pour la laisser aux médecins

Il ne fait pas bon aller contre la pensée dominante. Nous le savions déjà. J’ai diffusé jeudi 19 mars auprès d’un
groupe d’amis le mail suivant, que je recopie in extenso.

Chers amis,

Au risque de paraître provocateur, je voulais ici exprimer ce qui n’est qu’un sentiment, sentiment
toutefois backupé par quelques éléments tangibles. Je suis allé me réfugier dans ce qui sera jusque
demain le dernier pays libre d’Europe : l’Angleterre. nul doute que, sous la pression, ça ne durera pas.
J’avais rallié Londres, tel le Français libre que j’aurais aimé être, mardi par l’Eurostar de 11h13, juste
avant la mise en place du confinement en France.

Quelles sont les observations qui m’ont conduit à ce choix ?

  • les politiques de confinement ne marchent pas. que ce soit en Italie, Espagne, France
  • Israël qui a réagi très rapidement ne peut contenir le virus non plus
  • Les taux de mortalité anormalement élevés – et anormalement variables entre des pays dont les profils de population sont similaires.

Ma conclusion : le nombre de « porteurs sains » – même si cette expression est inadaptée – est bien
supérieur au chiffres des testés – et donc dépistés – probablement d’un facteur 10 ou 100. Cela permet d’expliquer pas mal de choses :

  • la mortalité due au coronavirus « redevient » normale, proche de celle de la grippe
  • cela explique pourquoi le virus s’est calmé en Chine : ils l’ont « tous » eu
  • cela explique également pourquoi la politique coréenne qui consiste à tester à grande échelle a été efficace
  • enfin, cela explique pourquoi l’efficacité du confinement est (très) faible. il y a trop de « séropositifs » qui s’ignorent : la boulangère, le livreur Deliveroo, le pompiste, le policier, le journaliste…

Les autres conclusions qu’on peut en tirer sont :

  • on est en train de tuer l’économie mondiale pour rien ;
  • Boris Johnson, sous ses airs de bouffon, est probablement l’un des meilleurs chefs d’état en exercice.

Bien entendu, je peux me tromper. Bien entendu, je ne suis pas en responsabilité, et mes actes
n’engagent que moi. Mais je prends ici le pari.

Note : si l’un de vous sait où trouver la seule statistique intéressante et qui n’est donnée nulle part
(pourcentage de positifs/ pourcentage de testés), ça m’intéresse… »

La violence des réactions que j’ai reçues, allant de « ton positionnement montre simplement que tu es
aussi irresponsable aujourd’hui que tu ne l’étais lorsque nous étions à l’Ecole. Il serait temps de murir
un peu » à à la décision illégale de la mère de mon dernier fils de m’empêcher de le voir « jusqu’à la
fin de l’urgence sanitaire », montre qu’il est risqué de contester la pensée unique.

Et pourtant…

Mon billet ayant été largement diffusé, j’ai reçu, évidemment, pas mal de commentaires constructifs
ou d’objections. Ils sont de trois ordres

  1. L’agression de la part de celui qui n’a pas lu le papier Ton avis est faux, l’Angleterre est elle
    aussi en route vers le confinement
    . Je confirme, il n’est pas possible de shorter le marché
    éternellement. Je ne saurais remercier mon ami Fabrice de m’avoir enseigné, voici 10 ans, cet
    adage. Je l’avais d’ailleurs écrit
  2. Détourner le problème : Le confinement ne sert pas à réduire le nombre de malades, mais il n’a pour but que d’étaler la charge dans les hôpitaux
  3. Prendre des exemples de pays où ça a « l’air de marcher » parce qu’il ont confiné : Chine, Corée, ou ceux où ça ne marche pas, parce qu’ils auraient pas confiné (les EU…)

Il me faut tout d’abord fait la différence entre deux confinements :

  • La circonscription : il s’agit de fermer une zone (Wuhan par exemple) ou, au contraire de s’enfermer (Israël a été un des premiers pays à restreindre l’entrée des étrangers). Le but est bien de confiner le virus dans un périmètre donné
  • Le confinement des personnes susceptibles de transmettre le virus.

La circonscription a été efficace dans les pays où elle a été pratiquée sérieusement. C’est-à-dire dans
peu d’endroits, tous les pays ayant laissé rentrer leurs nationaux, certains en leur imposant une
quarantaine de 15 jours. Quant à l’Europe qui a laissé ses frontières intérieures grandes ouvertes, elle
s’est condamnée à laisser se propager le virus.

Là est le second bât qui blesse une seconde fois : ce virus semble avoir, si j’en crois la littérature, des
caractéristiques assez désagréables, au point que certains adeptes de la théorie du complot lui
trouvent des propriétés dignes d’une arme bactériologique.

  1. Extrême contagiosité, en particulier par les enfants
  2. Durée d’incubation longue (deux semaines)
  3. Durée de survie du virus encore plus longue (plusieurs semaines)
  4. Asymptomatie chez grand nombre de porteurs (les fameux « porteurs sains »)
  5. En bonus, on n’est pas encore assuré que l’inoculation du virus protège contre la ré-
    inoculation

D’où plusieurs conséquences fâcheuses :

  • 2+3+4 : malgré des quarantaines généralisées pour tous les arrivants, le virus s’est propagé en Israël
  • 4 : la mortalité apparente est très élevée (3%) engendrant un effet psychose (« 300 000 morts en France à terme »)
  • 1+2+4 : il serait illusoire de penser que la combinaison (Transports en communs ouverts + Elections + Ecoles) n’ait pas permis une contamination générale de la population

C’est là mon hypothèse : la grande majorité de ceux qui auraient dû être exposés au virus l’ont été. D’où ma question : quel est l’asymptote des « positifs ? ». Ayant posé la question à mes amis, j’ai eu 3 réponses :

Pour résumer : il y a au moins probablement 10% de positifs en France. Cela veut dire que sur les 100 000 policiers qui « surveillent » le confinement, 10% sont positifs. Comment voulez vous, dans ces conditions, espérer que le confinement serve à quelque chose ?

Bien évidemment, si personne ne sort de chez soi, ne voir personne, cela a un effet ralentisseur sur la pandémie. C’est comme les limitations des vitesse : si tout le monde roule à 10 à l’heure, il n’y a plus de morts sur les routes ! Mais ça n’est pas tenable dans la durée.

Incise à propos de la route : deux remarques dont l’une amusante

  • Il 4 000 morts sur les routes, tous les jours, dans le monde ; à comparer aux 10 000 morts du Coronavirus ; Celle là ce n’est pas l’amusante
  • Enfermer chez eux un milliard d’être humains a eu un effet positif : on économise probablement 2 à 3 000 mors sur la route tous les jours…

Je reviens dont à mon raisonnement : le confinement tel qu’il est organisé ne sert pas à grand-chose
– comme la réduction de la vitesse de 90 à 80 sur les routes. Et comme on ne peut continuer
indéfiniment à rester chez soi, il est contreproductif : le jour où les vieux sortiront, ils tomberont
malades, et le nombre de morts repartira à la hausse (cf mes points 3+5).

Accessoirement, les parisiens étant partis se réfugier à l’ïle de Ré, de Groix ou d’Yeu, ils y ont apporté
un virus qui n’y était probablement pas.

Ce qu’il aurait fallu faire:

  • Fermer les frontières
  • Fermer les écoles
  • Fermer les transports en commun
  • Annuler les élections
  • Distribuer des masques
  • Tester à grande échelle, et confiner sérieusement les positifs – c’est ce qu’a fait la Corée.

La seule chose qui reste à faire aujourd’hui :

  • Lever le confinement
  • Tester à grande échelle
  • Confiner sérieusement les positifs

Que veut dire confiner sérieusement ? Cela veut dire que le positif ne voit personne tant qu’il est positif.

Pour finir, j’ai quelques remarques:

  • Couvre feu : inutile. Le virus ne sait pas s’il est 21 heures et non 19
  • Déplacements en voiture fermée
    • que j’aille faire mes courses à 100 mètres à pied ou à 15 kilomètres en voiture fermée, le virus ne le sait pas
    • si nous sommes confinés à 4 dans un appartement et que nous prenons la voiture, ensemble, tous les 4, le virus ne le saura pas
  • Fermer les plages : pourquoi ? j’ai le droit de faire mon jogging en ville mais pas sur la plage ?
    le virus a-t-il un GPS ?


Quand on demande à un médecin ce qu’il faut faire il vous répond : confinement – j’ai testé, je
confirme. C’est normal, c’est son métier. Mais les gouvernants, s’ils doivent écouter leurs conseils, ne
doivent pas les laisser gouverner. Et c’est malheureusement ce qu’ils ont fait. Avec une double
erreur : aujourd’hui, le coronavirus, s’il est un sujet médical dans les hôpitaux, est devenu un sujet
purement mathématique à grande échelle. Il aurait fallu écouter – aussi – les ingénieurs.

Je ne peux résister au plaisir de vous donner le lien vers cet article publié dans le quotidien Haaretz Je ne suis pas le seul à shorter le marché…

La guerre contre le virus est une chose trop sérieuse pour la laisser aux médecins

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