Les traducteurs

Enfermer dix traducteurs dans la cave d’un château pour qu’ils traduisent, simultanément, le 3ème et dernier opus d’un livre à succès, telle est l’idée saugrenue d’un éditeur peu scrupuleux. Pourtant, malgré les précautions prises pour éviter tout contact avec l’extérieur et toute fuite du texte appelé à devenir un nouveau best-seller, l’inimaginable se produit : un maître-chanteur menace de diffuser les premières pages du livre s’il ne reçoit pas dans les prochaines heures une rançon de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Voilà la trame d’un policier original, une prise d’otages d’un nouveau type, où l’on ne sait plus très bien qui oeuvre pour le bien, et qui agit avec de mauvaises intentions. Bien sûr, on pense aux Dix petits nègres d’Agatha Christie. Ou encore, au Gosht writer de Roman Polanski, qui lui aussi met en scène l’univers du livre, dans un imbroglio policier bien ficelé.

Et puis, ne nous le cachons pas, Les traducteurs est aussi une ode à la francophonie. Même si par certains moments, on hésite sur la prononciation de certains acteurs. Car nos dix traducteurs, vous l’imaginez bien, ne sont pas français. Ce sont tous des acteurs, qui s’expriment en français parce qu’après tout, leur point commun, c’est de maîtriser la langue de Molière, en plus de leur langue maternelle.

Les traducteurs fait partie de ces films surprenants, dont on pense avoir dénoué l’intrigue au bout de quelques images, mais où les rebondissements successifs ne font qu’accroître le plaisir du spectateur. Et malgré le jeu un peu désuet de Lambert Wilson (un Daniel Auteuil aurait eu plus d’impact) et la voix un peu agaçante de Sara Giraudeau, Les traducteurs mérite qu’on lui consacre deux petites heures.

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