C’est fabuleux ? Non, c’est Fable tout court !

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Dans la petite guerre de la comm’ que se livrent les principaux acteurs de l’IA générative, Anthropic joue un rôle particulièrement intéressant. J’avais déjà consacré il y a quelques semaines un court article à l’annonce de la non mise à disposition de Claude Mythos, me demandant quel serait le contenu de l’épisode suivant. Et bien, il faut avouer que les scénaristes à la manoeuvre derrière le storytelling d’Anthropic ont bien travaillé, et nous ont pondu une tragicomédie qui n’a eu de cesse d’occuper les flux LinkedIn depuis samedi.

Mais reprenons les choses par le commencement.

Tout démarre le mercredi 10 juin, avec un sympathique petit mail diffusé par Anthropic, annonçant la mise à disposition non pas de Mythos, mais de Fable. Une version aussi puissante que Mythos, mais parée de garde-fous censés empêcher les utilisateurs de Fable de faire de grosses bêtises. Fable était proposé gratuitement jusqu’au 22 juin pour les utilisateurs payants, puis disponible avec avec un surcoût par la suite. Nous étions donc incités à jouer avec ce nouveau modèle, et découvrir ses capacités analytiques.

Personnellement, je ne me suis pas jeté dessus. Je suis déjà très satisfait de mon abonnement Max pour utiliser Claude code et développer mon nouveau logiciel de généalogie Geneafree et mon nouvel outil de SEO, SEOlovely, j’ai juste noté dans un coin de ma tête que je pourrais faire un tour sur Fable pour démarrer sur un nouveau projet. Bref, je n’ai pas testé Fable. Et c’est bien dommage.

Car samedi dernier en fin de soirée, en me connectant à mon compte LinkedIn, j’ai pu constater que quelque chose d’assez étonnant s’était passé : sur injonction du gouvernement américain, Fable n’était plus disponible pour les utilisateurs non américains et travaillant en dehors du territoire US. Bref, l’Amérique de Donald Trump exerçait un embargo sur l’export d’une technologie américaine, embargo envers non pas quelques pays au comportement de bandit, mais envers le reste du monde.

À vrai dire, ce n’est pas la première fois que le gouvernement américain instaure un embargo sur des technologies maison. D’autres embargos ont eu lieu par le passé ou sont toujours en cours, sur la vente de logiciel, de hardware ou de toute forme de technologie. Si vous évoluez dans la tech, vous savez fort bien que la vente de technologies US ou incorporant des technologies américaines à des entreprises ou des ressortissants de Corée du Nord, d’Iran ou de Chine est impossible, ou très strictement contrôlée.

Ce qui peut étonner, dans cette histoire, c’est que cette fois l’embargo concerne l’ensemble de la planète. Autrement dit, les Etats-Unis ne veulent prendre aucun risque. Il faut dire que quelques tokens achetés en France ou en Allemagne peuvent rapidement être utilisés dans des pays aux intentions nettement moins pacifiques.

Ce que signifie cette directive, dont Anthropic détaille l’étendue sur son blog, c’est que les Etats-Unis ne considèrent pas – ou plus – l’intelligence artificielle comme une technologie comme une autre, mais comme quelque chose qui pourrait constituer une menace pour les Etats-Unis ou les intérêts américains. Et que les choix commerciaux ne relèvent plus simplement de la stratégie des entreprises installées sur son territoire, mais de la sécurité nationale.

Je ne suis pas sûr que tous les pays disposant du savoir-faire équivalent en IA – ou même s’en approchant aient pris la mesure de ce qui se joue ici.

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