De la sélection naturelle chez les moustiques

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Les grandes vagues de chaleur sont accompagnées d’une nuisance parfois encore plus désagréable que la hausse des températures : l’invasion de hordes de moustiques. Résidant à deux pas d’un espace vert, j’ai pu constater comme tout le monde que la prolifération de ces insectes vraiment peu sympathiques correspondait peu ou prou avec la fin du printemps, se poursuivant jusqu’à la fin de l’été et au début de l’automne. Avec les grandes chaleurs, il est quasiment impossible de dormir sans laisser ses fenêtres ouvertes, et nos amis les moustiques en profitent pour se glisser dans nos appartements, en quête de subsistance…

Le cycle de vie des populations de moustique m’intrigue. Les moustiques se reproduisent à proximité de points d’eau, et j’ai beau faire la chasse aux eaux stagnantes à proximité de mon lieu de résidence, c’est toujours la même chose. Fin mai, début juin, on voit poindre les premiers moustiques. Où donc naissent ces premiers moustiques, et comment identifier leurs génitrices ? J’ai beau chercher, je n’ai jusqu’à présent rien trouvé.

J’ai cherché à planter des espèces réputées, paraît-il, pour repousser les moustiques, mais je n’ai rien trouvé de réellement efficace. j’ai planté deux eucalyptus, mais j’ai l’impression que ce sont plus des espèces utiles pour drainer des marécages que pour repousser les moustiques. J’ai essayé toutes sortes d’appareil pour les griller ou les éloigner, sans trop de succès. Les premiers grillent à peu près n’importe quel insecte, mais pas forcément les moustiques. Les seconds ne font pas beaucoup d’effet.

Alors je me suis revenu à la méthode historique : l’élimination à la main.

Avec le temps, j’ai fini par m’intéresser au comportement de ces bestioles, et constater quelque chose d’amusant : les moustiques du printemps et du début de l’été n’ont pas les mêmes réflexes que ceux de l’automne. Les premiers sont plutôt faciles à éliminer, ils se posent tranquillement, et ne voient pas le coup venir. En faisant une petite chasse nocturne avant de se mettre au lit, on peut espérer passer une nuit tranquille, nonobstant ceux qui s’introduisent en milieu de nuit.

Les moustiques de la rentrée, en septembre ou octobre, sont d’une autre trempe, bien plus difficile à tuer. Ils sont beaucoup moins statiques, anticipent les frappes humaines, et savent se cacher, derrière une serviette, un meuble de salle de bains ou à l’intérieur d’un abat-jour. Ceux-là sont des « warriors », ce sont eux, semble-t-il, qui entretiennent l’espèce. La sélection naturelle à l’oeuvre leur a permis de passer l’été sans encombre, leurs congénères du printemps n’ont probablement pas eu le temps de se reproduire tandis que ceux là sont tout à fait disponibles pour produire la prochaine génération de moustiques.

Mais la chose qui m’intrigue le plus, c’est la durée de gestation des moustiques. Comment se fait-il qu’ils disparaissent au début de l’automne pour ne réapparaître qu’au printemps ? Leurs oeufs passent-ils l’hiver dans l’écosystème ambiant ? Ou bien les moustiques migrent-ils vers des régions plus chaudes ?

C’est yn mystère pour moi, et je cherche toujours comment me débarasser de ces nuisances.

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