Resto-route

L’une des conséquences inattendues des multiples périodes de confinement et du retour à la normal, c’est l’explosion du nombre de terrasses de restaurants, un peu partout en France. Quelques palettes recyclées, trois clous, un morceau de gazon synthétique, et hop ! Ça vous relooke le bar-tabac du coin et le transforme en sommet de la branchouille. D’ailleurs les résultats sont là, ces terrasses sauvages ont envahi les paysages urbains.

Soyons indulgents avec nos amis les restaurateurs. Non contents de bénéficier d’aides de l’état tout en cumulant la possibilité de fonctionner en mode click-and-collect, ils ont préservé du covid l’une des valeurs clefs de la société française : le bonheur de prendre un verre entre amis, de partager un bon repas, et de renouer les liens sociaux qui nous ont tant fait défaut ces derniers mois.

Personnellement, je ne suis pas trop fan de ce nouveau standard culinaire. Si j’apprécie de dîner en terrasse, je préfère de loin partager celles un peu abritées, dans une arrière-cour, ou, à la limite, sur un bout de trottoir à l’abri éloigné de la chaussée. C’est que, voyez-vous, j’ai horreur des pizzas au monoxyde de carbone, , des sushis au du monoxyde d’azote et des pâtes au dioxyde du même gaz. Sans parler des particules fines, dont je préfère ne pas agrémenter mes hamburgers. Les cocktails aux gaz d’échappements, très peu pour moi.

Bref, j’évite de m’installer sur ces terrasses qui ressemblent plus à des resto-routes qu’à des petits coins de paradis.

Accessoirement, ces lieux étranges posent d’intéressants problèmes de sécurité. Au-delà de la menace d’un éventuel candidat à la voiture bélier – 2015, 2016, ce n’est pas si loin et les « déséquilibrés » et autres fous de dieu n’ont pas complètement disparu – c’est plus par peur de l’accident banal dû à un chauffeur qui négocierait mal son virage. Traitez moi de couard, de peureux et de parano si vous le voulez, mais je suis prêt à parier que la mode des resto-routes disparaîtra au premier accident.

Accessoirement, les automobilistes récupèreront quelques places de parking annexées par ces restaurateurs enhardis.

Enfin, pas partout. À Paris, Anne Hidalgo trouvera sans doute une autre manière de les utiliser…

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