Régis Portalez, cet X qui ne supporte pas la contradiction

Il y a des X qui ne valent même pas epsilon...

Ancien élève de cette école dont je n’ai eu de cesse de vanter les mérites et les illustres anciens au fil du temps, j’ai pris l’habitude de classer les X en deux catégories : les grands X, et les petits x. Dans la première, je mets ce qui auront marqué l’Histoire de leur empreinte, par leur contribution scientifique, entrepreneuriale ou intellectuelle, ou par leur dévouement à la Patrie, notion qui fait quand même partie de la maxime de l’école. Dans la seconde, sans mépris aucun, je classe les illustres inconnus qui comme moi ne laisseront pas une trace durable, mais qui auront fait du mieux qu’ils ont pu pour rendre ce monde meilleur.

Il va désormais me falloir créer une 3e catégorie, celle des epsilon.

Epsilon, vous savez, ce symbole couramment utilisé pour signifier l’infiniment petit, proche de zéro sans jamais y accéder. Être nul n’est même pas à la portée de ces individus. Je n’en avais jamais rencontré, mais je suis tombé sur un sacré spécimen aujourd’hui. Son nom est inscrit au frontispice de cet article, inutile de le rappeler ici.

Ce camarade – mais dois-je encore le qualifier de camarade – a eu un comportement surprenant. Je le croyais ouvert à l’échange et à une logique d’intelligence des foules, au mode collaboratif, la modernité dont il se pare. Il est tout juste ouvert à un mode fasciste, genre fasciste de gauche, un truc très vieux et très méprisable.

Et voici pourquoi.

Dernièrement, cet individu se fend d’un post sur un groupe Facebook, le groupe privé des anciens élèves de polytechnique. Une communauté d’anciens, ouvertes, avec des échanges assez libres et très courtois. Ce môssieur se fend donc d’un post, un de ces posts sympathiques où il s’étonne de l’absence de participation des élèves actuellement sur le plateau au mouvement étudiant qui secoue la France ces jours-ci. C’est son droit. Un droit qui autorise un droit de réponse, et je me permets donc de lui apporter un commentaire. Un commentaire sympathique, où je lui rappelle que son rôle en tant qu’ancien – pas vieux mais ancien quand même – plutôt orienté à gauche, c’est d’aller rappeler aux jeunes qui cassent tout que c’est n’est pas en cassant encore plus de chose qu’on résoudra le problème. Et comme je suis poli de naissance, oserais-je dire, je me suis permis une formule de politesse sympathique en introduction de mon commentaire : « Je t’aime bien… ». Entre camarades, ça ne mange pas de pain.

Le sinistre individu dont il est question ici me répond illico presto qu’il ne m’aime pas. Que je représente un petit bourgeois, tout ce qu’il méprise. Et tutti et quanti. Bien évidemment, je ne m’emporte pas et lui répond que moi je continue de l’aimer, et que c’est la différence entre lui et moi. Mais que je trouve qu’il souffre d’une vision erronée, d’un égo surdimensionné et d’une haine de l’autre.

Voilà-t-il pas que le sieur en question – allez, je lâche son nom, Régis Portalez – s’offusque de ma réponse et me blackliste. Impossible de répondre à sa prose subséquente. Remarquez, je ne m’y intéresse pas plus que cela. Mais cela me chagrine, à plus d’un titre. Et me conforte dans certaines certitudes.

Que la haine de l’autre existe même dans les communautés censées être les plus unies.

Que ceux qui prétendent apporter un vent de fraîcheur dans la communauté des X sont parfois ceux qui reviennent aux méthodes les plus anciennes, la censure.

Que les représentants auto-proclamés de cette jeunesse bafoués – notamment supports de LFI – ne sont que des fascistes de bas étage, plus prompts à censurer la contradiction qu’à argumenter.

Que Régis Portalez, finalement, n’est qu’un epsilon.

PS : accessoirement, ile me rappelle le comportement d’un patron qui ne supportait pas, lui non plus, la contradiction. Un comble pour un type qui se croit de gôche…

Herve Kabla
Herve Kabla

Hervé Kabla, ex-DS, ancien CTO de start-up, ancien patron d'agence de comm', consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.

Crédits photo : Yann Gourvennec

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