Si tu penses bien

Si tu penses bien ... tu peux éviter d'aller voir ce film

« Pense bien et tout ira bien », cet adage, version loubavitch du positivisme moderne, que de fois l’ai-je entendu autour de moi. Sans lui attribuer une réelle importance, j’ai souvent pu constater les effets positifs qu’il pouvait avoir sur certaines personnes, sensibles à des mécanismes d’automotivation dont je ne connais ni les ressorts, ni les limites.

C’est très probablement de ce même adage que Géraldine Nakache s’est inspirée pour le titre de son dernier film, Si tu penses bien, un drame censé illustrer les formes modernes de la violence conjugale au sein d’un couple juif pratiquant. Partant d’intentions qui étaient probablement bonnes, Géraldine Nakache aboutit à un film dont on aurait pu se passer.

Ce qui s’apparente en effet à un phénomène d’emprise psychologique d’un mari passablement malade, à la fois jaloux et schizophrène, dérive vers une farce sordide qui impute les troubles du couple à l’écran à une obsession rigoriste de la pureté conjugale. Vous aurez ainsi droit à une demi douzaine de bains rituels, presque autant de gros plans sur une mezouzah de la taille d’un iPad, sans que cela ait un intérêt quelconque pour étayer la thèse du film : attention mesdames, les apparences sont trompeuses, et derrière un homme d’apparence honnête peut se cacher un monstre qui vous dévorera si vous n’y prenez garde.

Honnêtement, pas de besoin de mikveh et de kippa pour arriver à des conclusions aussi simples.

Bref, vous pouvez éviter d’aller voir ce film.

Herve Kabla
Herve Kabla

Hervé Kabla, ex-DS, ancien CTO de start-up, ancien patron d'agence de comm', consultant très digital et cofondateur de la série des livres expliqués à mon boss.

Crédits photo : Yann Gourvennec

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