Premiers pas sur MyHeritage

Comme beaucoup d’autres, je me suis souvent posé la question de mes origines. J’ai connu trois de mes grands-parents, et entre les origines italo-espagnoles supposées de ma mère, et celles djerbiennes de mon père, je disposais d’un cadre plus ou moins bien établi, sans qu’aucun document généalogique n’atteste les récits que livraient mes parents. Le séquençage effectué sur 23andme il y a quelques mois est venu tout chambouler. Car le fichier ADN fourni par 23andme peut très simplement être importé vers d’autres plateformes, comme le site MyHeritage. Et là, on touche à bien plus que son patrimoine génétique…

MyHeritage est, à l’origine, un site de généalogie en ligne. Il permet de représenter son arbre généalogique de manière simple et efficace. Par le passé, j’avais tenté de saisir mon arbre sur GenoPro, un logiciel qu’on installe sur PC. Mais après être passé au Mac, et avec les dernières versions de Windows, je ne disposais plus d’une version suffisamment à jour de ce soft. J’ai donc exporté les données de GenoPro vers MyHeritage, il existe un format d’échange pour cela, appelé GEDCOM.

Une fois qu’on a créé son compte et renseigné son arbre, on peut importer son fichier ADN, et aller rechercher des cousins plus ou moins éloignés sur la base de similitudes de bouts d’ADN. Cette fonctionnalité existe également sur 23andme, mais sur MyHeritage, elle prend une autre dimension, car chacun ayant renseigné une partie de son arbre généalogique, on peut effectuer des recherches beaucoup plus subtiles. 23andme a probablement compris la menace que représente le mix arbre généalogique + ADN et développe actuellement sa propre fonction généalogie.

La grande force de MyHeritage réside dans sa capacité à faire matcher des bouts d’arbres similaires. Pour cela, MyHeritage s’appuie sur un algorithme assez surprenant, qui identifie les noms et prénoms identiques, croise ces données avec les dates et lieux de naissance, ainsi qu’avec les parents proches. Mieux, il sait gérer la proximité des prénoms (ex: Eliaou ou Eliahu) de manière épatante, allant jusqu’à identifier la même personne retranscrite en français et en hébreu, par exemple.

Ainsi, au fur et à mesure que de nouvelles personnes viennent compléter leur propre arbre, vous vous retrouvez avec des alertes mail de MyHeritage, vous annonçant tous les quatre matins qu’il a réussi à faire ce qu’il appelle des Smart Matches. En ce sens, MyHeritage est un peu un site de généalogie 2.0. Il ne vous reste plus qu’à confirmer ou infirmer les correspondances. Je dis bien infirmer, car dans certaines familles, les redondances des prénoms sont étonnantes, surtout dans les familles juives, où on donne fréquemment le prénom d’un des grands-parents, créant ainsi des chaînes étonnantes.

Une partie de la famille Kabla :ça en fait, du monde…

Mon arbre familial, constitué d’un peu plus de 500 membres, est ainsi passé en quelques mois à plus de 1200 individus. Bien sûr, il ne s’agit pas que de l’arbre ascendant: y sont désormais connectés des branches issues de familles par alliance. On pourrait les ignorer dans un premier temps, mais en réalité, elles apportent énormément d’informations croisées: il n’est pas rare de retrouver des mariages entre cousins au sein de familles juives tunisiennes.

À ce stade, en remontant l’arbre de mes parents, j’arrive au mieux à quatre générations en arrière. Ce n’est pas beaucoup, et j’attends que d’autres utilisateurs (des djerbiens et des nabeuliens) viennent compléter l’histoire. Mais du côté de mon épouse, on remonte bien plus loin. Elle est issue d’une famille Shaltiel, passée par Londres au 17ème siècle, puis par la Crète, Salonique, Livourne et la Tunisie.

Ainsi, au travers de mes pérégrinations sur cet outils, c’est un monde juif aux consonances connues, qui revit de manière numérique. Des Cohen, des Levy, des Shaltiel, des Guez, des Kabla, des Valensi, dont on découvre un pan de la vie, résumé à quelques boîtes roses et bleues.

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