Nadal 14

Vingt-quatre heures après sa victoire, il y aurait tant à dire, sur ce quatorzième titre de Rafael Nadal à Roland-Garros !

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D’abord ce nombre, insensé, à l’échelle de la vie d’un seul sportif. Remporter quatorze fois la même compétition, je crois que je ne l’ai jamais vu ailleurs. Même Jeannie Longo, au terme de son extraordinaire longévité, n’avait remporté que treize titres de championne du monde de cyclisme. Nadal, qui n’a que 36 ans, aligne autant de victoires à Roland-Garros, que le Real Madrid en champion’s league… Et encore, il a fallu près de cinquante années au Real pour aligner autant de coupes.

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Avec 22 titres en grand chelem, Rafael Nadal est en train de distancer les deux joueurs les plus titrés derrière lui. Roger Federer a peu de chances de revenir au meilleur niveau, seul Nova Djokovic peut éventuellement prétendre le rejoindre un jour… Mieux, avec sa victoire en début d’année à l’open d’Australie, Nadal est encore, en théorie, capable de réaliser un grand chelem. C’est assez peu probable néanmoins, son jeu étant moins adapté aux surfaces rapides. Mais qui lui aurait prédit deux victoires en grand chelem en début d’année, après une interruption de plusieurs mois ?

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Peu de joueurs de tennis de l’ère moderne ont joué – et gagné – de grandes compétitions jusqu’à un âge aussi avancé. Même au football, les joueurs prennent leur retraite à cet âge là… Ce qui est encore plus impressionnant, c’est que Nadal joue malgré un problème de santé au pied qui en décontenancerait plus d’un. Il a certes reconnu subir des piqûres anesthésiantes avant chaque partie, ce qui rend ses victoires encore plus surprenantes. Vous vous imaginez jouer avec un membre anesthésié ?

Son Roland-Garros le plus étonnant ?

Cette année, Nadal s’est imposé facilement en finale, face à un joueur âgé de 24 ans, classé 8ème mondial, qui n’a pu marquer que 6 jeux contre son adversaire. Mieux, Casper Ruud est une connaissance de Rafael Nadal : ce norvégien, fils d’un ancien jouer de tennis, s’entraîne depuis 2018 au sein de la Rafa Nadal Academy… Ses remerciements adressés au staff de Nadal, avant même de remercier son équipe, avaient quelque chose de presque inconvenant.

Mais avant d’accéder à cette finale, Nadal a eu un parcours plus mouvementé. Si sa première semaine à la porte d’Auteuil s’est déroulée sans encombres, il a dû batailler ferme en huitième de finale pour s’impose en cinq sets, avant de rencontrer son adversaire de toujours, Djokovic en quart de finale, mardi soir. Un match de légende, qui dura quatre sets et plus de quatre heures, qui débuta un soir de mai pour s’achever dans la douce nuit de juin.

Et que dire de la demi-finale, disputée contre Alexander Zverev ? Le géant allemand semblait parfaitement capable de réduire à néant les espoirs de Nadal. Dominant Nadal de la tête aux pieds, il eut même une balle de premier set, et mena 6-2 au tie-break de ce même premier set. Mais voilà, comme le dit e frontispice du court Philippe Chatrier, la victoire appartient au plus opiniâtre, et en matière d’opiniâtreté, Nadal en a à revendre. Il remporta le premier set, réussit à remonter dans le second pour s’offrir un second tie-break, avant qu’un coup du sort ne lui ouvre les portes de la finale : une mauvaise réception sur son pied droit, et Zverev sortait sur un fauteuil roulant, avec une méchante entorse voire une rupture des ligaments.

C’est là tout le paradoxe de Nadal, et ce qui rend ses victoires encore plus grandioses. Il n’est pas, physiquement, le plus affiné. Avec le temps, sa musculature devient pâteuse, il donne l’impression de se déplacer plus lourdement, il se plaint de sa maladie et de ses douleurs au pied, ses adversaires pourront bientôt avoir l’âge de ses enfants.

Mais rien n’y fait : il est et restera le dieu de Roland-Garros.

Rendez-vous l’an prochain pour un 15ème ?

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