Comme un athlète de Dieu

Voici un livre dont je n’aurais probablement pas fait l’acquisition tout seul. C’est un ami, catholique pratiquant et évoluant dans le milieu du sport, qui me l’a offert, connaissant mon attachement au judaïsme et au football. Une manière de me rappeler que sport et religion ne sont pas si lointains.

Commun athlète de Dieu parle en effet de ces deux sujets. Plus précisément, son auteur, Arnaud Bouthéon, s’attache à démontrer les liens plus nombreux qu’on ne l’imagine, entre pratique sportive et pratique religieuse. Que ce soit sur le plan du vocabulaire ou du point de vue de la mise en oeuvre des préceptes qui les sous-tendent.

Ne parle-t-on pas de grand-messe, à l’occasion de grands événements sportifs ? Les stades ne sont-ils pas d’immenses temples ? Les foules de supporters, d’immenses communautés, prêts à tout pour défendre leur cause, et se rassemblant souvent le jour du seigneur pour soutenir leurs prophètes – si ce n’est leurs idoles ?

Les sportifs de haut niveau eux-mêmes ne font-ils pas appel au religieux de temps en temps ? Nous avons tous en tête ces images de footballeurs en train de se signer en entrant sur un terrain de foot…

En un peu moins de deux pages divisées en quatre parties, ce livre entreprend donc d’illustrer tous les poins communs entre la pratique – tiens, encore un terme commun – du sport et la pratique religieuse. C’est à la fois riche en références, tirées aussi bien de textes religieux majoritairement empruntés au christianisme, que d’écrits journalistiques, tirés de la bible des sportifs, le quotidien l’Équipe. Le livre s’achève sur une prière du sportif, qui n’est pas sans rappeler d’autres prières de conception tout aussi modernes.

Seul écueil pour moi, les références majoritairement centrées principalement sur une religion, qui font perdre à mon sens l’universalisme des propos. L’auteur rappelle, néanmoins, le rapport particulier que le christianisme entretient avec le corps et l’incarnation. Les deux autres grands monothéismes, bien moins charnels dans leur pratique, ne pourraient sans doute pas « coller » à certains chapitres, notamment celui lié à la souffrance charnelle inhérente à la pratique sportive.

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