Boxe office

Les images du « boxeur » qui a fait reculer les forces de l’ordre avant de s’en prendre à un gardien de la paix à terre ont tourné en boucle sur les postes de télévision et les écrans de nos smartphones. À tel point que l’individu en question, identifié par les forces de l’ordre, a crû devoir se justifier via un message assez pathétique, diffusé sur son compte Facebook, avant de se rendre à la police.

Au-delà du déferlement de haine à l’état pur, dont il fait preuve en mettant sa technique au service, non pas d’une prouesse sportive – si tant est qu’on puisse apprécier la boxe – mais d’un mouvement déjà surprenant par sa violence, on peut se demander si ce boxeur n’est pas, comme d’autres gilets jaunes, en train de basculer dans une sorte de fanatisme. Il faut voir le mode spectaculaire sur lequel se déroule son entrée en scène, avant les quelques secondes que vont durer son « match » contre un CRS qui visiblement a du mal à répliquer – mais qui lui tiendra rigueur d’avoir su garder son calme?

Qu’est ce que le fanatisme? Amos Oz, auteur israélien récemment décédé, a consacré de nombreux textes à ce sujet, et en a donné une définition assez simple: c’est la quête d’une rédemption instantanée. Être à ce point obnubilé par la légitimité d’un mouvement (qui reste à démontrer), au point de faire abstraction de toute limite, jusqu’à se permettre de donner des coups qui pourraient porter la mort, voilà une forme d’expression du fanatisme.

Les politiques des deux extrêmes, de droite comme de gauche, qui, comme Jean-Luc Mélenchon, laissent de tels mouvements dégénérer sans prendre leurs distances, et au contraire, justifient de tels actes, devraient se méfier. Les fanatismes accouchent souvent de monstres dont il est bien difficile de garder le contrôle.

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