L’A380, trop grand, trop gros

Airbus annonce la fin de la production de l’A380. 40 ans après, l’industrie aéronautique française connaît son second grand échec: comme le Concorde en son temps, l’A380, superbe machine, semble n’avoir essentiellement séduit que les ingénieurs qui l’ont conçu, nos compatriotes qui le voyaient passer dans le ciel de l’hexagone, mais pas assez les compagnies aériennes auxquelles il était destiné.


Pourtant, sur le papier, on ne pouvait rêver conditions plus prometteuses: l’essor du transport aérien à la fin du siècle dernier, une maîtrise technologique avérée, et un concept qui paraît simple et logique: plus on transporte de passagers sur un vol, et plus ce vol est rentable. Certes.

Mais pour réussir ce pari, il fallait réussir un autre pari: convaincre les aéroports de s’équiper de moyens techniques pour permettre aux passagers d’accéder aux deux ponts. Et de tels investissements, tous les aéroports ne sont probablement pas prêts à les faire, surtout lorsqu’il s’agit plutôt de multiplier les vols sur de petites distances, avec une plus grande flexibilité des horaires. Que préférez-vous: un vol quotidien de 900 passages, ou 3 vols sur le même trajet, partant à trois horaires différents, avec 300 passagers?

Bien d’autres facteurs ont dû contribuer à l’arrêt de la production. Il vaut peut-être mieux développer des longs courriers avec deux réacteurs (donc moins de chances d’être cloués au sol en cas de pane), qui consomment moins. Et d’un point de vue économique, il est peut-être plus intéressant pour Airbus de vendre 3 A350 plutôt qu’un seul A380.

Bref, nous pourrons dire à nos petits-enfants que nous avons connu un véritable paquebot du ciel, même si la plupart d’entre nous, comme avec Concorde, n’y ont jamais mis les pieds. Et nous pourrons toujours en visiter un exemplaire au Musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget.

Pour ma part, je garderai deux souvenirs de l’A380:

  • Un vol de quatre A380, en formation en losange, à Toulouse. C’était en 2006, je crois. Je venais d’atterrir un matin, le pilote a mis l’avion en travers de la piste pour nous permettre de voir ces 4 géants du ciel, voler à basse altitude, quasiment au ralenti, dans une sorte de ballet magique.
  • Cette photo prise au Salon du Bourget en 2009, avec deux A380 pris sur deux plans différents.

Cet article vous a plu ? Pourquoi ne pas le partager ?