Le musée de l’Air et de l’Espace

Situé à une poignée de kilomètres de Paris sur le site de l’aéroport du Bourget, le Musée de l’Air et de l’Espace s’étend sur une dizaine de hangars, et offre à ses visiteurs une rétrospective très riche de l’histoire de l’aéronautique à la française, au cours des 120 dernières années. Album photo disponible ici.

Le Bourget, le pays où le Rafale est roi

Le musée s’organise autour de halls, classés par thèmes:

  1. Les débuts de l’aviation, les balbutiements des pionniers
  2. Les avions de la première guerre mondiale et le développement fulgurant de l’aviation en l’espace de quelques années
  3. La salle des maquettes, que je n’ai pas eu le temps de visiter
  4. La salle des ballons (avec une réplique de Montgolfier)
  5. Les avions de la deuxième guerre mondiale (avec un Dakota, un Spitfire, un P47, un Mustang, bref, de jolis bêtes)
  6. Un hall dédié au Concorde avec deux spécimens qui se font face et qu’on peut visiter, et à côté desquels trône, à l’écart, un Mirage IV vecteur historique de la force de frappe nucléaire française
  7. Une salle dédiée aux prototypes d’avions de chasse des années 50-60, où l’on retrouvera avec plaisir les fameux Griffon, trident et autres avions qui hantèrent certaines de nos bandes dessinées
  8. Un hall qui regroupe les avions de combat officiels de l’Armée de l’air: Mirage III, Mystère et super Mystère, etc.
  9. Un hall dédié aux hélicoptères, avec un superbe Sikorsky S58
  10. Un hall dédié à la conquête de l’espace

Ce dispositif – totalement gratuit – est complété par des activités payantes:

  1. La visite d’avions : le Dakota cité précédemment, ainsi qu’un Boeing 747 et les deux Concordes de la salle 6
  2. Des ateliers « découvertes » pour les enfants âgés de 6 à 12 ans, ateliers très bien conçus, où l’on peut découvrir l’activité d’une tour de contrôle (de jour, de nuit, par temps neigeux ou en cas d’alerte), l’intérieur d’une « station spatiale » (avec des petits films qui décrivent la vie de tous les jours, des exercices physiques aux sorties dans l’espace)
  3. Un planétarium (que je n’ai pas testé)
  4. Des simulateurs de vol (pas testés car complets)

Ce musée est donc un lieu incontournable à visiter, et on pourra particulièrement y apprécier:

  • L’étendue de l’exposition permanente, des débuts de l’aéronautique à nos jours
  • La variété des modèles présentés, chasseurs, prototypes, etc.
  • Les simulateurs en accès gratuit dans certaines salles (Concorde, hélicoptères)
  • Les films très didactiques pour expliquer, aux enfants comme aux adultes :), certaines techniques de base (les rotors de l’hélicoptère, les sorties dans l’espace)

Pourtant, je ressors de cette journée avec un léger sentiment d’insatisfaction:

  •  Certains appareils sont dans un état assez vétuste: je ne parle pas des avions de guerre, cela peut se comprendre, mais comment admettre les sièges assez délabrés du 747, ou la poussière sur la verrière de certains  prototypes? Ne fait-on pas suffisamment le ménage?
  • Les notices explicatives sont inégales, parfois en français, parfois en français et en anglais: ce musée ne s’adresserait-il qu’à un public francophone?
  • L’accès aux cockpits est interdit: on peut comprendre que le musée veuille se protéger des probables vols de matériel, mais franchement, c’est assez décevant: la sensation ressentie au moment de s’asseoir aux commandes d’un appareil, même fictivement, susciterait probablement bien plus de vocations que de parcourir le couloir vide d’un Concorde, au pas de course…
  • Un dysfonctionnement du « pass famille », qu’on ne peut pas acheter lors de sa visite, mais qu’il faut commander à l’avance. Résultat: je n’en ai pas pris, car je ne vois pas pourquoi payer une visite en sus du pass famille… L’administration du musée devrait faire un tour chez Disneyland pour comprendre comment fonctionne ce type de dispositif.
  • Enfin, et c’est le plus désagréable et le moins admissible, le sous-dimensionnement des équipes en période de congés scolaires. Le résultat, c’est une queue interminable à l’entrée ou au restaurant, où une seule personne se chargeait de l’accueil…

Bref, un très beau musée « technologique », qui gagnerait probablement à être dépoussiéré et re-dynamisé, autrement que par des promotions sur Groupon…

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