Serge Dassault

De tous les industriels et grands patrons français, Serge Dassault n’était probablement pas le plus apprécié des français. Pas pour son ascendance juive, ni parce qu’il avait fréquenté l’école polytechnique. Mais plutôt du fait qu’héritier d’un empire économique et homme politique à la longévité exacerbée, marquée par plusieurs affaires plus ou moins douteuses, il n’avait ni le charisme, ni la bonhomie de son père. Pourtant, rien ne justifie les torrents de haine que l’on peut voir déferler sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de son décès, comme ce tweet injurieux de Philippe Poutou ou celui de Bruno Masure.

Reléguer Serge Dassault au rang de vulgaire marchand d’armes, c’est oublier que les avions produits par Dassault Aviation ont commencé par défendre la France, avant de faire la joie de pilotes étrangers. C’est oublier que la dissuasion nucléaire, à laquelle aucun président n’a renoncé et ne renoncera, s’appuie sur les ailes d’avions issus des usines de cette entreprise. C’est aussi oublier que l’un des fleurons de la technologie française, l’une des premières start-up nationales, Dassault Systèmes, est issu du même empire.

Alors certes, on a rarement vu Serge Dassault arpenter les couloirs des bureaux de Suresnes ou de Vélizy. Mais l’actionnaire – heureux – de cette société n’a jamais remis en cause la stratégie de conquête de ses dirigeants. Peu de sociétés ont pu bénéficier d’un tel support.

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