The Father

Adapté de la pièce du même nom par son auteur, Adrien Zeller, The Father est un film poignant, qui retrace l’évolution d’une vieil homme souffrant de la maladie d’Alzheimer, et interprété par Anthony Hopkins. L’originalité du film – et de la pièce – c’est que tous deux adoptent un point de vue subjectif, celui du malade. Tout au long du film, les spectateurs voient évoluer le personnage central, et partagent ses doutes, ses questions, ses angoisses, ses oublis, ses approximations, ses erreurs.

L’effet est saisissant, bien qu’il s’agisse de théâtre filmé.

Imaginez un film dont tous les rôles, sauf un, sont tenus par des acteurs différents. C’est ce qui se passe dans ce film. Seul Anthony Hopkins, admirable interprète, reste le même d’une scène à l’autre : les autre personnages – sa fille, son gendre, l’aide à domicile – peuvent prendre des visages différents, et tiennent des propos contradictoires. Contradictoires pour le malade, mais tout à fait plausibles, pour les autres personnages. On navigue ainsi à vue, étant à peu près certain de qui est sa fille, mais ne sachant en définitive pas qui est le gendre – d’ailleurs, est-ce bien son gendre – ou son infirmière.

C’est vertigineux. On en ressort estomaqué, pris dans un délire visible de notre point de vue, mais complètement opaque du point de vue du malade, qui a perdu tout repère temporel, et ne sait plus s’il habite chez lui ou chez sa fille.

Un film à voir rapidement, avant qu’il ne disparaisse des salles obscures.

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