Illusions perdues

L’inconvénient avec les adaptations de romans au cinéma, c’est que si on a lu le livre en question, on se « spoile » – pardon divulgâche – soi-même. Et comme on dit vulgairement, c’est un peu ballot… Heureusement, avec Illusions perdues, en général la lecture du livre a eu lieu pas mal d’années avant de voir le film, et même si l’on se souvient à peu près de la fin, les détails de l’intrigue sont à peu près oubliés. Et comme c’est Honoré de Balzac qui est aux commandes du scénario original, les deux heures trente du film passent oeu ou prou comme une lettre à la poste…

Est-il besoin de rappeler l’histoire ? Un jeune écrivain, poète romantique en devenir, aux allures de Macron mal dégrossi, s’entiche d’une baronne locale, en la bonne cité d’Angoulême. Croyant avoir levé l’affaire du siècle, il la suit à Paris, où il va en un rien de temps être ramené à sa condition de roturier provincial. Aidé par un journaliste enclin à tous les arrangements, il va peu à peu remonter la pente, connaître la gloire.

Avant de connaître la … (chut, je ne vous dis rien).

Doté d’un casting de grande qualité, Illusions perdues était un des films français les plus attendus de la rentrée, de ceux dont tous les medias ne tarissent pas d’éloges. Les acteurs incarnent leur rôle à la perfection, et on passe un bon moment. Mais trois semaines après la sortie, ce film n’est pourtant déjà plus distribué que dans quelques rares salles. Il aura ses Césars, certes. Mais il n’aura finalement pas rencontré le succès escompté, du moins en salle, avant de passer un dimanche soir sur France 2.

Que lui manque-t-il ? Peut-être une bonne controverse, quelques bonnes critiques négatives, qui auraient pu développer un intérêt plus large du public. Exactement ce qu’explique ce film…

À croire que ces Illusions perdues le sont vraiment.

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