The Economist

Parmi tous les journaux et magazines auxquels la famille Kabla est abonnée, The Economist tient une place à part, ne serait-ce que pour une raison : c’est le seul périodique en anglais que nous lisons en version papier. Les autres publications qui trônent sur la table du salon, que ce soit La jaune et la rouge, La revue de l’Ecole de Paris, Le Monde, ou L’Eclaireur, sont tous rédigés en français et ne proposent pas d’articles dans une autre langue. Ce qui est bien d’ailleurs dommage : pourquoi ne pas proposer d’articles dans différentes langues dans une publication écrite majoritairement dans une autre ? La diversité a toujours été, à mes yeux, source de progrès.

Mais revenons à The Economist. Notre abonnement n’est que récent. Il faut dire que dans le cadre de son activité professionnelle, mon épouse l’a parfois rapporté à la maison, de manière fort irrégulière, et que le besoin de passer à un abonnement ne s’était pas réellement fait sentir. Il y a quelques années, nous étions en outre abonnés à Time, et sa lecture suffisait à entretenir ce contact régulier ave une langue qui nous permet de maintenir un niveau de pratique acceptable.

Comme son nom l’indique, The Economist est une revue … qui parle d’économie. Mais en réalité, un peu comme Freakonomics, l’économie n’est qu’un prétexte, un angle d’attaque, pour traiter une multitude de sujets, allant du sport ) la politique, en passant par la religion, la guerre, la technologie … ou les marchés financiers. Et c’est réellement passionnant. Les journalistes de The Economist, contrairement à bon nombre de journalistes un peu partout dans le monde, traitent leur sujet en laissant leurs appréciations et leurs sentiments de côté, et avec une objectivité qui paraît des plus sincères. Peut-être est-ce le bénéfice d’une approche basée sur ce qu’on appellerait de nos jours la data ? Peut-être est-ce aussi parce que, de manière assez étrange, les articles de The Economist ne sont pas signés individuellement, même s’il est possible de retrouver la liste des éditorialistes et leur bio sur une page dédiée.

Certains articles, plus marqués, traitent de sujets sous un angle spécifique et avec des titres sans équivoque. La rubrique appelée Bartleby, par exemple, évoque l’univers du travail, et fait référence au roman éponyme d’Herman Melville. La rubrique appelée Bagehot, elle, traite d’économie et politique britannique, et fait référence au journaliste du même nom, qui contribua aux débuts de The Economist, qui venait d’être créé… par son beau-père.

De toutes ces rubriques, pourtant, ma préférée est celle proposée en dernière page : la rubrique nécrologique, Obituary. Tenue par Ann Wroe, qui ne signe pas plus ses contributions que les autres journalistes, cette rubrique présente chaque semaine une ou deux personnalités qui ont contribué à façonner le monde qu’elles viennent de quitter. Ann Wroe possède cet art particulier, consistant à chercher l’anecdote qui illustre les personnages dont elle évoque le destin. C’est toujours fin et subtil, jamais emphatique, et sans complaisance.

Enfin, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, The Economist est doté d’un humour auquel je suis extrêmement sensible. Que ce soit dans les titre des articles ou les légendes des photographies ou des illustrations, les formulations utilisées font preuve à la fois d’une vaste culture générale, et d’un sens de la dérision et du second degré qu’on ne retrouve dans aucun autre périodique, si ce n’est, peut-être, et paradoxalement, le Canard Enchaîné.

Bref, vous l’avez compris, je vous recommande la lecture de The Economist. D’ailleurs, mon ami Christophe Faurie en a été un fervent lecteur (je ne sais pas s’il l’est encore), et ce n’est surement pas pour rien.

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