Serviteur des pipoles

Avez-vous vu le premier clip de campagne d’Emmanuel Macron, sorti en début de semaine ? Pas encore ? Alors le voici, cadeau. Je vous laisse le regarder tranquillement, ça prend moins de 5 minutes et on se retrouve quelques lignes plus bas.

Alors, ça vous laisse baba ? Ça en jette, hein ?

Moi, ça m’inspire juste une chose : la campagne présidentielle est rentrée dans l’ère des séries Netflix. D’ailleurs, je ne sais plus quel commentateur télé en parlait récemment, je crois que c’était sur BFM TV ou CNews, en analysant les premières prestations de Valérie Pécresse, dont la campagne était calée sur l’ère de la télévsion, alors que pour lui, il fallait entrer dans l’ère des campagnes « Netflix ». Comprenez : en continu, avec un cliffhanger, par petits bouts.

Et bien il faut croire que l’équipe de campagne du président-candidat – doublement président d’ailleurs, on va finit par l’appeler PPCM (Président de la république, Président de l’Europe, Candidat Macron) – a bien capté le message. La campagne Macron 2022 va se faire sur le mode Netflix.

Et le premier clip s’appelle : Le Candidat, Épisode 1.

Ils ont de la chance que Youtube ait désactivé le compteur de « Je n’aime pas », car j’ai des doutes sur l’équilibre entre le nombre de personnes qui apprécient et ceux qui ne l’aiment pas, ou plus. Sans compter ceux (et celles, n’est-ce pas) qui n’en ont rien à foutre.

Des séries ou des films sur l a campagne présidentielle ou sr des présidents élus, il y en a déjà eu par le passé. Je me souviens d’une série diffusée en 2006-2007, qui mettait en scène une présidente, peu avant que Ségolène Royal ne se présente. ET je me souviens qu’avant que Barak Obama n’accède au plus haut poste, la série 24h Chrono avait déjà anticipé l’élection d’un président afro-américain.

Plus récemment, on a vu des séries comme Baron Noir dévoiler, avec intérêt, les coulisses du pouvoir, les basses manoeuvres de la vie politique. ET Isabelle Huppert et Reda Kateb on montré eux aussi les défis auxquels doivent faire face les élus locaux, pour protéger leurs convictions et ne pas se faire démolir.

Mais un président qui se met lui-même en scène dans le cadre d’une campagne, je crois que cela ne s’est encore jamais vu.

À une exception près : Volodymyr Zelensky. Mais la chronologie était inversée : c’est après avoir tenu le rôle phare d’un candidat arrivé par hasard à la politique, et élu président de la république ukrainienne, que cet acteur humoristique a réellement posé sa candidature et a été porté à la tête de l’état.

Et non l’inverse.

La série dans laquelle s’illustrait Zelensky, et disponible sur arte.tv, s’appelait « Serviteur du peuple ».

Avec Macron, allons-nous avoir droit à serviteur des pipole ? Il faut dire que dans ce premier épisode, on en prend plein la vue en superlatifs et en auto-contrition. Avec « beaucoup d’humilité » et « beaucoup de lucidité » (la modestie ce sera dans l’épisode 2), comme il le rappelle lui-même, il « souhaite faire encore bouger les choses dans le pays ».

J’en vois qui rigolent au fond.

Ce n’est pas très gentil.

Allez, juste pour le plaisir, je vous propose une rediffusion.

Profitez-en, on n’aura peut-être pas droit à une saison 2…

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