Tsar system

À celles et ceux qui se posaient la question de son départ à la retraite, Vladimir Poutine vient d’adresser un message on ne peu plus clair : il est là, et bien là, et ne compte pas lâcher le gouvernail avant … 2036. Un amendement adopté par la Douma va lui permettre de se présenter encore deux nouvelles fois. En tout, le président de la fédération de Russie pourra donc gouverner pendant trente six années, en tenant compte de l’interlude de quatre ans durant lequel Dimitri Medvedev tint officiellement ce rôle, Poutine officiant alors comme chef du gouvernement (un informaticien dirait : 36 ans en elapsed, 32 ans en cpu)

Trente six années, c’est un bail ! Dites-vous que Vladimir Poutine aura connu, durant ses mandats successifs, des interlocuteurs comme Jacques Chirac, Bill Clinton, Nicolas Sarkozy, Georges Bush, François Hollande, Donald trump, Emmanuel Macron, et que ce n’est pas encore fini ! Staline lui-même n’aura gouverné que durant trente et une années, de 1922 à 1953. Parmi les gouvernants actuels, il n’y aura finalement que la reine Elizabeth pour prétendre surpasser la durée de son mandat.

Il est vrai que cette stabilité peut être un avantage. Nous autres, dans nos démocraties occidentales vieillissantes, savons ce qu’il en compte de laisser accéder au pouvoir de nouvelles têtes : la paralysie économique qui précède les périodes électorales et leur dose d’incertitude, les atermoiements des changements de cap économique, les grèves à répétition pour protester contre le programme des uns et des autres, les luttes intestines pour ravir la présidence du Sénat, le perchoir ou la présidence d’une insignifiante commission.

Avec la prolongation de son mandat électif, Vladimir Poutine épargne donc à ses concitoyens des dépenses et des débats inutiles. Son sacrifice personnel mérite d’être reconnu plus largement.

Espérons simplement qu’il ne donnera pas d’idées saugrenues à d’autres chefs d’état…

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