Retour au Mac

Il y a des moments et des sujets importants dans la vie, de ceux qu’on n’oublie pas, ou presque. Perec en a conçu un livre (« Je me souviens« ) tant cette persistance des bons moments peut être riche. je me souviens ainsi de ma première expérience avec un Mac, pardon, un Macintosh.

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C’était en 1985, je crois, à l’automne. Nous revenions du service militaire, pour démarrer les deux années d’étude que durait alors le cursus de l’X. Il y avait une salle informatique, une des premières pour l’époque. Cette salle, dans mes souvenirs, était éclairée par des néons blancs. Sur les tables disposés régulièrement, se trouvaient des Macintosh, plusieurs unités. Pour nous, qui n’avions jusqu’alors expérimenté l’informatique personnelle que sous sa forme la plus rudimentaire – Commodore VIC 20 ou Sinclair ZX 80 ou 81 – c’était un sacré bond en avant. C’est bien entendu l’interface qui séduisait immédiatement, cette possibilité offerte, tout à coup, de pouvoir dessiner sur un écran, écrire du texte avec une police autre que la sempiternelle police Courier des machines à écrire…

C’est sur ce modèle d’ordinateur que j’ai appris à programmer en Lisp, grâce aux cours de Jérôme Chailloux, qui avait conçu Le Lisp – attention à l’article! – de l’INRIA. Parfaitement interface avec l’UI développée par Apple, cela m’avait permis de concevoir un de mes premiers jeux, un Mastermind rudimentaire, où les couleurs étaient remplacées par des textures.

Ma lune de miel avec Apple ne dura pas plus longtemps. Quelques mois plus tard, je m’équipai en Atari – merci François Bourdoncle – sur lequel j’ai acquis les principales bases de la programmation. Quelques mois plus tard, ayant franchi les portes de Télécom Paris, je découvrais les joies de Windows, un environnement que je ne quitterai presque plus pendant les vingt années suivantes.

C’est à l’occasion du renouvellement de mon PC de travail que s’est posée la question de revenir vers le monde Apple. C’est un peu la faute de Yann Feige, qui n’a eu de cesse de me pousser à comparer non seulement les deux environnements, mais les caractéristiques techniques. En ce qui concerne l’environnement, je dois l’avouer, j’ai du mal. Le clic droit me manque, même s’il est disponible avec des combinaisons clavier. La logique de lancement des applis, les barres de navigation, les raccourcis clavier, tout change; oh, pas de beaucoup, mais de suffisamment pour que je me sente comme un conducteur français propulsé dans les rues de Londres: le moindre mouvement nécessite une attention redoublée, comme si j’étais de nouveau en phase d’apprentissage. A presque 50 ans, ce n’est pas si simple. Bref, je n’aurais pas changé d’univers simplement pour le Finder et les applications Apple.

Mais il y a la question technologique, et là, avouons le, Apple l’emporte haut la main. Allez trouver un PC portable qui intègre un SSD 1Go, un écran Retina et une autonomie de 9h! Cela faisait 9 mois que j’en cherchait un, impossible de mettre la main dessus: le monde du PC Windows a un train de retard sur l’univers Mac. D’où la bascule que j’opère dès aujourd’hui.

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je sais qu’il me faudra du temps. Que mes doigts vont devoir se libérer de leurs automatismes pour réapprendre à circuler sur le clavier, pour trouver les nouveaux emplacements de @, !, #, \ et de tous ceux qu’il me reste à retrouver. Je sais qu’il me faudra découvrir de nouvelles applications, de nouvelles logiques, de nouveaux paradigmes. Comprendre comment marche l’installation et la configuration de ces p… de drivers d’imprimante. Bref, passer du temps à me reprogrammer.

Et je vous ferai part de mes trouvailles de temps à autre.

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