The loudest duck

En fouillant dans ma bibliothèque ces derniers jours, je suis tombé sur un livre insoupçonné, The loudest duck, par Laura Liswood. Son thème: comment intégrer la diversité au sein d’une entreprise.

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Livre passionnant, car ce n’est pas simple d’intégrer la diversité dans une entreprise. Beaucoup s’y risquent, peu y parviennent de manière efficace. Laura Liswood commence par évoquer les écueils.

Le premier de tous, c’est de créer une « arche de Noé »: au sein de ces entreprises, toutes les espèces sont représentées, dans une sorte de projet « diversité 1.0 », sans que cela ne fonctionne. La diversité, c’est comprendre que les différences vont bien au-delà des origines ou de la nationalité: différences d’âge, de sexe, de statut marital, de religion, d’orientation sexuelle, de pratique sportive, de statut familial, etc. Toutes les entreprises connaissent ce type de segmentation, sans prendre conscience des répercussions sur leur fonctionnement: un tel qui joue occasionnellement au golf avec son manager bénéficiera probablement de plus d’attention que ses collègues non golfeurs, ou n’ayant pas les mêmes disponibilités.

Deuxième écueil, ce que l’auteur schématise par la formule « l’éléphant et la souris »: la souris, de par sa petite taille, doit faire attention au comportement de l’éléphant, pour ne pas se faire écraser; à l’inverse, l’éléphant se soucie peu des souris. Il en est de même dans une entreprise: les membres des groupes les plus puissants se soucient peu du quotidien des minorités, alors que les minorités doivent apprendre à composer avec les managers les plus puissants, et développent une intelligence émotionnelle particulière à leur intention. L’éléphant qui saurait se doter des mêmes capacités d’éveil et d’attention serait encore plus à même d’intégrer toutes les ressources de l’entreprise.

Troisième écueil, celui des préjugés et des idées préconçues. Nous venons tous travailler avec nos propres préjugés, souvent hérités de la culture familiale, ou de l’entourage intellectuel durant les années d’apprentissage, au collège, au lycée ou durant les études supérieures. Il est souvent difficile de se défaire de tels acquis, alors qu’ils peuvent devenir un frein au développement professionnel, surtout dans un contexte d’entreprises globales. La culture américaine, par exemple, pousse à se mettre en avant (the squeaky wheel gets the grease) tandis qu’une éducation orientale poussera à plus de discrétion (the loudest duck get shot). Nous avançons tous selon des repères et des guides déjà établis, alors que nous devrions en permanence ajuster ces repères aux contextes auxquels nous sommes exposés.

The loudest duck est donc un livre dont la lecture s’impose dans toute entreprise, aussi bien dans un contexte international que dans de plus petites structures, où la diversité des profils saute parfois plus lentement aux yeux. Les managers comme les salariés y trouveront des grilles d’analyse essentielles pour une plus grande harmonie, et une plus grande efficacité.

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