Pas facile d’être président

La vie politique a une fâcheuse tendance, ces dernières années, à prendre le chemin des tribunaux de plus en plus souvent. Que ce soit pour des affaires de faux électeurs, de financement illicite de campagne, d’écoutes téléphoniques ou de je ne sais quelle autre affaire de cornecul – pur ne pas dire abracadabrantesque – il devient de plus en plus fréquent de voir de remarquables personnalités, parfois adulées parleurs électeurs, devoir répondre devant le juge et ses assesseurs d’actes plus ou moins délictueux.

Cette évolution ne se limite pas aux élus locaux, comme à Levallois, par exemple, mais prend, de plus en plus souvent, une tournure nationale, avec la mise en accusation des plus hauts représentants de l’État. J’en veux pour illustration la remarquable coïncidence – l’alignement des astres, comme dirait Emmanuel Macron, pour ne pas dire l’alignement désastre – qui veut que deux anciens présidents, aux Etats-Unis et en France, ainsi qu’un premier en Israel, se retrouvent dans des situations peu confortables.

Certes, les motifs n’ont rien à voir, et la procédure d’Impeachment lancée sans succès contre Donald Trump il y a quelques mois n’a que peu de rapport avec les affaires concernant Nicolas Sarkozy, qui n’ont elles-mêmes rien à voir avec les « dossiers » 1000, 2000, 3000 et même 4000 qui embarrassent Benyamin Netanyahou. Dans un cas, il y a un soupçon de coup d’état, tandis que dans les deux autres, on ne parle que de trafic d’influence ou de corruption. Les peines encourues ne sont pas les mêmes. Et les cours devant lesquelles ces prévenus doivent répondre n’ont pas les mêmes attributions.

Il ne m’appartient pas de me prononcer sur ces affaires, ni de déclarer coupables ou innocents les uns ou les autres. Je m’amuse simplement de cet hasard de calendrier, et me réjouis qu’on a pu vérifier, finalement, que les démocraties concernées fonctionnent relativement bien dans l’ensemble. On peut reprocher aux juges qui ont condamné Sarkozy de faire de l’excès de zèle, mais après tout, ils font leur travail de juge, et la justice continue de fonctionner puisque les accusés peuvent encore faire appel et que rien n’est figé.

Au demeurant, il faut bien se dire qu’être chef de l’état dans une république comme Israel, la France ou les Etats-Unis, ce n’est pas un rôle de tout repos, et que ce qu’on demande aux prétendants à de tels postes, c’est d’avoir les ressources pour encaisser des chocs autrement plus importants, comme une crise économique, une pandémie, une campagne d’attaques terroristes, ou une guerre qui se prolonge un peu trop.

Face à ce type d’embarras, une petite passe d’arme devant des juges fait office de hors d’oeuvre.

Honnêtement, seriez-vous prêts à élire un dirigeant qui ne sache pas se sortir d’un tel mauvais pas ?

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