10 technologies à suivre en 2021 selon la revue du MIT

Dans un de ces articles classiques censés générés du clic au kilo, la revue du MIT liste une dizaine de technologies pour lesquelles 2021 pourrait marquer un fort développement. La difficulté d’un tel article, au-delà de la difficulté inhérente à toute prévision, réside dans le fait que l’explosion des usages d’une technologie n’est pas forcément réduit à une année ou à quelques mois, mais peut connaître des hauts et des bas, des périodes fastes et des hivers longs et rigoureux. Ceci étant, je vous propose de faire l’effort de décrire ces 10 technologies de pointe dont parle l’article en question.

L’ARN messager

On a déjà à la fin de l’année dernière l’intérêt de l’ARN messager : les deux premiers vaccins occidentaux contre le Covid mis sur le marché s’appuyaient sur cette approche, qui date d’une vingtaine d’années, et dont on pensait probablement faire un usage aussi rapide et critique à l’époque. Est-ce une technologie phare pour 2021 ? Mouais, elle l’était déjà à la fin 2020…

GPT-3

J’ai déjà parlé de GPT-2 sur ce blog il y a deux ans, GPT-3 n’est que l’étape d’après. Sa capacité à produire du texte intelligible qu’on croirait écrit par un être humain ou un journaliste est en effet assez bluffante. Mais est-ce vraiment un des sujets majeurs de 2021 ? Peut-être d’un point de vue économique, quand les sponsors qui se cachent derrière cette technologie vont enfin se mettre à en monétiser les usages.

L’algorithme de recommandation de Tik Tok

Tik-Tok est un des réseaux sociaux sur lesquels j’ai fait l’impasse. Je ne suis donc pas le mieux placé pour juger de la qualité de son algorithme de recommandation. Mais au vu du temps passé par mes gosses sur cette appli diabolique, il me semble qu’il est plutôt bien fait. En quoi est-il meilleur que celui de Facebook ou de Twitter ?

Les batteries Lithium-métal

Le gros défaut des batteries actuelles, en ce qui concerne le véhicule électrique du moins, c’est leur autonomie assez limitée, qui ne permet pas encore de faire de trajets de plus de 400km dans le cadre d’un usage régulier, et encore, il s’agit là d’un rayon d’action maximum pour les véhicules haut de gamme. Les batteries Lithium-métal sont censées faire exploser cette limite, pour passer à 700 ou 800km d’autonomie. On se rapprocherait alors de ce que sait faire un véhicule doté d’un moteur à combustion.

Mais ne soyons pas trop pressés, le développement et la commercialisation d’une technologie de batterie prennent en général plus que quelques mois.

Data trusts

La confidentialité des données est un enjeu majeur de puis quelques années déjà. L’article met en avant l’essor d’acteurs tiers, qui pourront servir d’intermédiaires de confiance entre les utilisateurs et leurs données. De là à voir en 2021 un changement majeur dans ce domaine…

La pile à hydrogène

L’hydrogène remplacera-t-il les hydrocarbures dans un futur proche comme principale source d’énergie ? C’est possible, et ce serait bien pour préserver la planète. Mais je doute fort là aussi que 2021 marque un changement majeur en termes d’usage. Ce qui n’empêche pas la recherche de progresser en ce domaine, comme avec de nouveaux format de stockage tel celui développé à l’institut Fraunhofer.

Le tracking digital

Suivre les utilisateurs par le biais de leurs mobiles ou de leurs usages digitaux, ce n’est pas vraiment originale, et c’est même plutôt un sujet sensible. Si l’épidémie de Covid a ouvert une brèche en permettant de détecter les cas de contamination potentielle par le biais d’applications dédiées, je doute que cela devienne une mode et un usage plus répandu.

Le positionnement ultra-précis

Le GPS et ses équivalents européen, russe et chinois permettent de se positionner sur tout point de la planète, mais avec une précision limitée, de l’ordre du mètre. La faute à la vitesse de la lumière et au temps non nul de communication entre les récepteurs et les satellites qui émettent le signal de positionnement : une fraction de seconde suffit à introduire un décalage. Pour obtenir un positionnement ultra-précis, il existe une méthode simple : corriger les erreurs en comparant les positions obtenues avec celles de stations fixes au sol. Des acteurs existent déjà, avec des applications dans le domaine agricole. Une start-up française, Geoflex, peut jouer un rôle important dans le développement de ces usages. Espérons pour eux que 2021 marquera un tournant.

Le « tout » à distance

L’épidémie de Covid a permis de populariser un peu plus les usages distants : télétravail, vente en ligne, visioconférence. Ce qui paraissait impossible ou peu souhaitable quelques mois auparavant est devenu un standard, voire incontournable. 2021 confirmera certes la tendance. Mais il ne me semble pas qu’on ira plus loin que ce qui est fait de nos jours. Une grande majorité des salariés souffrent de ne pas revoir leurs collègues et de ne pas retourner au bureau, les étudiants n’en peuvent plus des cours à distance, et l’univers de la restauration ne voit dans la vente à distance qu’une source annexe de revenus, en attendant la réouverture des établissements.

L’IA multi-compétence

Si les usages de l’intelligence artificielle se sont largement développés depuis quelques années, les applications qui en font usage restent le plus souvent cantonnées à des cas particuliers ou des domaines précis. On n’a pas encore vu de véhicule autonome qui reconnaissance les passants croisés pour s’arrêter et leur proposer une partie d’échecs et de Go… Est-ce que 2021 va réellement marquer l’essor.

Alors, cher lecteur, avons nos là réellement 10 technologies à suivre ou non ?

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