Les 5 techniques de base qui manquent à l'équipe de France de football

Au-delà de la polémique autour du comportement de Nicolas Anelka, des vicissitudes de Raymond Domenech, de la fronde des joueurs ou du manque de vision des dirigeants de la fédération, il me semble que la position délicate – doux euphémisme – de la sélection française en phase finale de la coupe du monde provient de 5 techniques de base du football, que je n’ai pas une seule fois eu l’occasion de constater lors des deux premiers matchs de cette phase finale, ni lors des matches de préparation. A ce niveau de compétition, de telles lacunes sont rédhibitoires. Par opposition, les équipes qui ont passé brillamment ce premier tour (Brésil, Argentine) ont fait preuve d’une réelle maîtrise de ces caractéristiques. Quelles sont-elles?

  1. Le centre en retrait. C’est, à mon sens, l’arme de destruction massive du football. Les équipes qui le maîtrise, comme jadis la sélection danoise, ou aujourd’hui l’équipe du Portugal, sont capables de faire exploser la plupart des défenses. le principe est simple: l’ailier déborde, et au lieu de centrer devant les attaquants les plus en pointe, place son centre derrière la première ligne de défense adverse. Un milieu offensif arrivant alors en pleine vitesse peut tranquillement placer sa balle. Inutile de dire que les bleus en sont incapables aujourd’hui, tant leur jeu est lent et approximatif.
  2. Le une-deux. C’est le révélateur d’un véritable esprit d’équipe. Son absence témoigne d’une prédominance des individualisme. Sa réalisation, lorsqu’elle frise la perfection (par exemple un une-deux avec talonnade) révèle une véritable entente, une symbiose entre les joueurs. L’équipe de France en fut capable il y a quelques années, mais je n’en ai pas vu depuis belle lurette au sein des bleus.
  3. Le tir cadré. Ce devrait être le B-A BA du joueur professionnel, et pourtant… trop de joueurs ne cadrent pas suffisamment leurs tirs. Certains incriminent le ballon de cette coupe du monde, le fameux Jabulani. Je ne peux adhérer à cette hypothèse: les brésiliens, dimanche soir, ont cadré quasiment chacun de leurs tirs. Et ils jouent avec le même ballon, alors que les tricolores n’ont dû cadre qu’un ou deux tirs en deux matchs. Un joueur qui ne cadre pas un tir sur deux devrait, à mon sens, rester sur le banc de touche.
  4. La percée en dribble. C’est le truc des grands joueurs, type Maradona ou Lionel Messi: une descente dans les lignes adverses, en passant 2, 3 ou 4 joueur, pour ensuite placer un but ou une passe décisive. Ces deux là sont capables d’en faire plusieurs pendant une saison. Statistiquement, il devrait y avoir, au sein de chaque équipe, au moins deux ou trois actions de ce type en une saison. Chez les bleus, on n’ose à peine imaginer cette possibilité: au premier coup d’épaule, nos vedettes nationales vont mordre la pelouse et réclamer un coup franc.
  5. Tenir bon malgré la charge adverse. C’est la condition sine qua non du point précédent. Savoir tenir sous la charge, les contacts épaule contre épaule ou les agressions plus vicieuses, se relever pour préserver un avantage et faire la passe décisive, c’est le talent des joueurs anglais. Inutile de vous dire que chez les bleus, on préfère adopter le modèle italien et se rouler de douleur pour jouer la montre…

Bref, même si j’espère vivement que les bleus passent ce premier tour (sur un immense coup de dé, il est vrai), il faut se rendre à l’évidence: sans ces 5 techniques essentielles, leurs chances restent limitées…

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