Le quart d’heure américain

C’est fait: l’équipe féminine américaine de football a remporté cette édition de la Coupe du Monde. Ce n’est pas une très grosse surprise, tant elle faisait figure d’épouvantail par rapport aux autres participantes. Une équipe dotée de joueuses expérimentées, dans une excellente forme physique, au mental d’acier, championne sortante, et qui réalise un carton dès le début de la compétition, avec un 13-0 face à la Thaïlande: que demander de mieux pour mettre une pression psychologique hors norme sur ses adversaires?

Cette domination, au-delà des scores finalement pas si terribles que cela, s’est caractérisée par un style de jeu assez étonnant. À chaque début de mi-temps, les américaines jouaient à un niveau singulièrement élevé, mettant une pression importante sur l’équipe qui lui était opposée. Un quart d’heure leur suffisait pour marquer un ou deux buts. Ensuite, le jeu s’équilibrait, jusqu’à ce qu’en fin de partie, les joueuses américaines jouent la montre en allant s’enfermer au niveau d’un des deux poteaux de corner de leurs adversaires.

Elles auraient pu réaliser ce schema de jeu une ou deux fois, cela ne se serait pas remarqué. Mais là, c’était flagrant. À l’exception du match contre la Thaïlande, à chaque rencontre, les américaines ont adopté cette tactique singulière, montrant qu’elles savaient à la fois maîtriser le beau jeu, et la temporisation.

C’est ce que Bixente Lizarazu a qualifié, durant son commentaire de la finale, de « quart d’heure américain ». Au vu de la tournure des matches, on ne saurait le contredire.

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