Goodbye Philip Roth

Avec Philip Roth disparaît sans doute l’un des plus grands auteurs de ces cinquante dernières années. Un auteur souvent récompensé, mais qui n’obtint jamais le prix Nobel de littérature, auquel il aurait pu prétendre.

Et pourtant, je ne l’ai découvert que tardivement, passé la trentaine, avec un livre qui m’a ébloui: La Tache. L’histoire de ce type noir qui se fait passer pour un juif pour réussir dans la vie, et qui se retrouve accusé de racisme envers deux étudiants noirs m’a scotché. Après l’avoir refermé, je me suis mis à lire frénétiquement les autres livres de Roth: J’ai épousé un communiste, Portnoy et son complexe, Opération Shylock (un petit chef d’oeuvre d’humour et de complexité), Le Complot contre l’Amérique (et si les Etats-Unis n’étaient pas entrés en guerre contre l’Allemagne?…), Goodbye Columbus, etc. Chaque livre était une découverte, un plaisir, une surprise absolue. Jusqu’à ce que je bute sur l’un deux, un livre auquel je n’étais pas préparé: je n’ai jamais réussi à finir Le Théâtre de Sabbath, cette fois, Roth était trop fort pour moi.

On trouve de tout, chez Roth. Des complexes plus ou moins bien vécus, des situations inattendues, parfois inextricables, des grands salauds, des types géniaux, lui-même (ou son double), des types improbables, des fictions qui nous font prendre conscience de la fragilité de notre monde, de notre humanité, de notre masculinité, de notre petit quotidien, ainsi qu’une réflexion plus ou moins aboutie sur la face américaine de la question juive.

Philip Roth m’a fait rire, m’a surpris, m’a choqué, m’a instruit, m’a fait réfléchir, mais Philip Roth ne m’a jamais déçu. C’est peut-être cela, un grand auteur.

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