Et un, et deux, et trois titres d'affilée!

Un grand bravo à la remarquable équipe d’Espagne, qui enchaîne deux Euros d’affilée, en intercalant une Coupe du Monde. Malgré un football assez ennuyeux, fait d’une domination totale, qui prive les équipes adverses de ballons, en les asphyxiant peu à peu, avant de livrer l’estocade finale. Ce 4-0 contre l’Italie en finale restera dans les annales.


Au final, ce fut un bel Euro 2012.

Malgré un contexte géopolitique assez dramatique – on ne le rappellera jamais que Yulia Tymoshenko croupit en prison depuis 2009 – l’organisation de cette compétition s’est non seulement parfaitement déroulée, mais on a en plus assisté à des matches particulièrement disputés, avec de nombreuses occasions et de nombreux buts. Bref, il y eut au final assez peu de matches franchement ennuyeux. Même l’équipe de France y est allée de son match dramatique, contre l’Ukraine.

Même l’hymne de cet euro était assez sympa…

… non sans rappeler un tube d’Alain Chanfort (La fièvre dans le sang)

Une équipe de France de nouveau en question

Malgré une remarquable série de matches sans défaite, la sélection nationale encadrée par Laurent Blanc n’a pas réussi à faire illusion plus de deux fois: un beau match nul contre l’Angleterre, une victoire contre l’un des pays organisateurs, mais ensuite, deux défaites sans discussion, l’une contre la Suède pourtant éliminée, et l’autre face au champion 2012. Mais plus que ces défaites, c’est le fond de l’équipe de France qui pose problème: incivilités à l’encontre des journalistes, sentiment que le sélectionneur lui-même est contesté, jeu sans panache, sans grande motivation. Le verdict est sans appel, et Laurent Blanc vient de remettre sa démission. Gageons que le successeur aura les mêmes difficultés à reconstruire un groupe pour 2014, qui qu’il soit.

La domination de l’Europe du Sud

J’ai tendance à opposer 3 sortes de football: celui d’Europe de l’est, athlétique, joué par de grands gaillards, fait de grandes courses (comme l’a montré la Russie lors de son premier match), le football d’Europe du nord, athlétique mais plus construit, plus orchestré, et enfin celui d’Europe du Sud, plutôt orienté vers une domination collective, comme l’illustre parfaitement le jeu espagnol. Au départ de cette compétition, il y avait 16 équipes pour représenter ces 3 sous-continents:

  • 5 d’Europe du sud: Italie, Espagne, Portugal, Grèce, France
  • 5 d’Europe centrale et de l’est: République Tchèque, Croatie, Pologne, Ukraine, Russie
  • 6 d’ Europe du nord: Allemagne, Angleterre, Suède, Irlande, Pays-Bas, Danemark

A l’issue du premier tour, tous les représentants d’Europe du sud étaient passés, 1 seul de l’est, et 2 du nord. En demi-finale, 1 seul représentant d’Europe du nord et 3 du sud, pour finir sur une finale 100% Europe du sud. Sans commentaires.

Bon, après, on peut se demander comment les joueurs de Barcelone ou du Real de Madrid ont pu livrer un football aussi dominateur après une année passée dans un championnat de très haut niveau (donc épuisant), plus une dizaine de matches en Champion’s League… Mais ne gâchons pas la fête, au foot comme dans les autres disciplines, c’est le résultat qui compte plus que la manière.

La surprise beinSport

J’étais assez outré au départ de cette compétition, de constater que certains matches n’étaient pas retransmis par les grandes chaînes gratuites nationales, et que certains ne seraient diffusés que sur cette chaîne payante lancée par Al Jazira il y a quelques semaines. Mais j’ai finalement opté pour les 10.99€ et honnêtement, je ne suis pas déçu. Non pour la qualité des commentaires – bien que Robert Pirès se débrouille pas si mal – mais pour les minutes avant le match et les rappels pendant les mi-temps, moins remplis de pub que sur M6 et TF1.

En conclusion

L’Euro 2012 était un petit régal, avec quelques grands matches, et un formidable vainqueur. Rendez-vous en 2014 pour une Coupe du Monde qui, je l’espère, atteindra un niveau de qualité équivalent.
 

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