Christiane Vigouroux

Inconnue de la plupart de mes lecteurs, Mme Vigouroux était professeur d’anglais au lycée Louis le grand. J’ai suivi ses cours pendant les classes préparatoires. Je n’a pas gardé un souvenir particulier de ses cours, si ce n’est un événement poignant, qui se produisit pendant l’année de maths sup.

Les taupins ont parfois l’habitude de chahuter les enseignants des matières considérées comme secondaires, comme le français ou l’anglais. Madame Vigouroux faisait souvent l’objet de chahuts injustifiés. À une occasion, le quelques quarante élèves de ma classe se mirent à marteler le plancher pour simuler un troupeau de je ne sais quel type d’animal. Mais très vite, les pas se sont synchronisés pour aboutir à une sorte bruit de bottes rappelant de manière assez surprenante un défilé militaire.

Et là, Madame Vigouroux se mit dans une rare colère, arguant que ce bruit de bottes lui rappelait une période de triste mémoire et l’occupation allemande. À l’époque, je n’y prêtais pas plus attention, me disant qu’elle exagérait surement. Mais avec le temps, et constatant qu’elle avait connu la guerre adolescente, ce curieux événement m’est remonté à la mémoire.

Mme Vigouroux avait pour habitude de faire appel à un colleur d’anglais qui m’a lui aussi laissé quelques souvenirs, Georges Mutch, avec qui elle écrivit apparemment une méthode de perfectionnement de l’anglais en classes préparatoires. Habillé de façons assez extravagante, doté d’un physique à la Magnum, il donnait une touche sympathique aux colles d’anglais qui, pour moi qui n’était pas d’un niveau extraordinaire, seraient sans cela restées des épreuves difficiles.

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