34 plans de reconquête industrielle, et Nao, et Nao, et Nao

Les plus anciens d’entre nous se souviennent de Jacques Chirac et de son « mulot ». Il faudra désormais compter avec François Hollande et son Nao. Le petit robot était semble-t-il la vedette de l’annonce de « La nouvelle France industrielle« , le plan de 34 mesures destinées à relancer l’industrie française. Yaka fokon?

Sur le papier, ce plan a tout pour séduire: objets connectés, énergies renouvelables, navires et voitures écologiques, big data, souveraineté des télécoms, cybersécurité, qui n’en voudrait pas pour notre pays? Et qui ne serait pas ravi de voir un de nos géants industriels pointer dans le trio de tête de ces 34 domaines identifiés par la DGCIS avec l’aide du cabinet McKinsey?

Mais il y a plusieurs obstacles sur le chemin. Le premier, c’est qu’on ne devient pas des champions dans 34 domaines aussi pointus sur un simple claquement de doigts: les investissements requis sont lourds, et on voit mal l’état français, déjà largement surendetté, creuser un peu plus son déficit. Le second, c’est que nos champions industriels sont aussi des sociétés cotées, aux intérêts supranationaux, et que l’avenir de l’industrie française n’est pas un objectif en soi. Le troisième, c’est que Mr Montebourg peut agiter les bras aussi longtemps qu’il le souhaite, ce n’est pas lui qui définit la stratégie des entreprises, et qui peut identifier ce qui est bien ou bon pour tel ou tel groupe industriel.

Les 34 plans annoncés hier ont quelque chose de pathétique. On a un peut le sentiment, avec du recul, qu’on a voulu bricoler une France Gaullienne et Pompidolienne en mois de deux, histoires de se motiver à coup d’allégories sur le TGV, le Mirage III, la fusée Ariane ou la force de frappe nucléaire nationale. Ces projets ont été lancé à une autre époque, lorsque l’état était encore riche pour se substituer à 60 ou 70 millions de consommateurs. Ce n’est probablement pas l’état français qui passera commande de 2 ou 3 millions de voitures électriques, de tablettes numériques dans nos lycées ou d’hôpitaux modernes. Alors qui le fera?

Rendez-vous dans 10 ou 20 ans, pour voir ce qui restera de ces beaux projets utopiques. Et longue vie à Nao.

 

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