WiMax, fibre optique et avenir technologique de la France

Avec ses nombreuses écoles d’ingénieurs – INT, Telecom Paris, Telecom Bretagne – ses grands corps de l’état et ses gourous plus ou moins bien immuminés, notre pays a suivi une trajectoire pas toujours limpide en matière de télécommunications: de TRANSPAC au Minitel, du BiBop au dégroupage total.

Et pourtant, nombre d’innovations technologiques ont vu le jour, ou ont connu un succès appréciable, dans l’hexagone: l’ADSL a connu un développement sans pareil chez nous, au détriment du cable. L’explosion des réseaux GSM, malgré un prix d’entrée cher à payer, a bien eu lieu. Et en dépit desa taille, la France peut se targuer d’un tissu industriel encore fort dans ce domaine: a coté d’opérateurs dynamiques (Orange, Bouygues, SFR, Iliad), notre pays compte encore quelques grands groupes actifs sur son territoire: fabricants de terminaux (SAGEM), équipementiers (ALCATEL-LUCENT) ou fabricants de composants électroniques (STMicro, Freescale).

JM Billaut a raison, la révolution que constitue l’accès au haut débit est sans doute comparable à la révolution industrielle de la fin du XVIIe siecle. Or aujourd’hui, le haut débit réel comporte une restriction inadaptée à l’évolution de nos modes de vie, vers un peu plus de nomadisme tous les jours. L’ADSL est fixe, que l’on s’y connecte depuis chez soi ou depuis son lieu de travail. La 3G/3G+, que brandissent les opérateurs de téléphonie mobile, semblait devoir répondre à ce besoin. Il n’en est rien. Si les débits sont acceptables lorsqu’on est installé dans un café ou sur un bureau, la connexion est vite perdue dès lors qu’on se déplace, que ce soit en train ou envoiture. Bref, on attend encore le haut débit mobile.

Or, ce haut débit mobile existe bien. C’est ce que l’on appelle le WiMAX (Worldwide Interoperability for Microwave Access). Apparentée au WiFi en ce qui concerne le mode de diffusion dans une gamme de fréquence supérieure à 10GHz, le WiMAX a connu différentes normes et évolutions depuis son apparition en 2002. Du 802.16a initial, adapté à un mode urbain, on est passé au 802.16d au spectre plus large, puis au 802.16e, permettant la réception depuis des terminaux évoluant à des vitesses inférieures à une centaine de km/h et au 802.16m, qui assure la convergence avec les technologies WiFi et 4G.

Pourtant, les opérateurs nationaux se battent à coup de centaines de millions d’euros pour cabler nos immeubles et nous vendre un accès haut débit en fibre optique – donc filaire – une bataille qui peut paraître incongrue tant le WiMAX offre de souplesse, aussi bien en matière d’équipements que de débits. Ilaid avait bien tenté un coup il y a quelques années, en rachetant Altitude Telecom, seul opérateur doté d’une license WiMAX nationale: on y avait cru, alors, estimant que Free allait sans doute se lancer dans une aventure de téléphonie mobile à coup de WiMAX. Il n’en a rien été.

Ne soyons pas trop pessimistes. L’ARCEP à l’air de s’intéresser de nouveau à l’avenir du WiMAX. Ou tout du moins à la conformité des équipements. C’est un premier pas: en France, quand l’administration s’en mêle, c’est qu’on n’est pas loin du succès.

Enfin, terminons sur un dernier cocorico. Le leader mondial dans le domaine des équipements WiMAX n’est autre qu’Alcatel Lucent. Le groupe tant décrié ces derniers mois, issu de la fusion entre deux géants des télécoms, a acquis un savoir-faire indéniable dans ce domaine.

L’avenir technologique national passera-t-il par le WiMAX?

Source: http://www.erasme.org/Nouvelles-du-WIMAX

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